VITESSE
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La rétine présente une coloration rouge, et une fente qui, partant du point d’entrée du nerf optique, s'étend vers le bas et un peu en avant, jusqu’à la périphérie (ora serrata). Je crois devoir regarder cette fente comme un reste fœtal.
Dans l’état fœtal, en effet, alors que le cristallin, se développant aux dépens de l’épithélium du feuillet blastodermique externe, invagine la vésicule oculaire primaire et la transforme en vésicule oculaire secondaire, l’humeur vitrée s’introduit par dessous entre cette vésicule et le cristallin; elle contribue ainsi à donner a la vésicule oculaire secondaire la forme d’un gobelet, dont la paroi inférieure, depuis la tige à laquelle ce gobelet est fixé (le nerf optique) jusqu’à son bord, reste provisoirement ouverte, en fente oculaire fœtale, pour se fermer plus tard !).
Or, chez lx perche, cette occlusion paraît ne pas avoir lieu.
Aucun des autres vertébrés dont j'ai examiné la rétine ne m'a présenté la fente en question. |
Quand les préparations à l’acide nitrique sont fraîches, les coupes transversales de la rétine laissent voir dans la couche des cônes et bâtonnets, là où ses éléments ont été mis à découvert par le retrait du pigment, üne coloration rouge, qui disparaît très rapidement à la lumière. Cette coloration ne fait défaut que dans une zone étroite, parallèle et contiguë à la membrane limitante externe. On peut mesurer la largeur de | cette zone, et déterminer ainsi à quelle distance de la membrane limitante est venue se placer la limite des segments externes et internes des bâtonnets. La coloration correspond, en effet, au rouge rétinien contenu dans les segments externes de ces éléments.
Chez la perche dont la rétine a fourni la matière de mon dessin, et qui était restée pendant 5 heures dans l’obseurité, la zone en question avait une largeur de 16,5 u.
1) Voir: G. Schwalbe, Lehrbuch der Anatomie der Sinnesorgane, p.80
(dans: Hoffman, Lehrbuch der Anatomie des Menschen, Ver Bd., Ilte Abth., 1885).
Il est à remarquer que le rouge rétinien ne s'était pas, comme chez la grenouille et d’autres animaux, transformé en jaune sous l’action de l’acide nitrique. Le même phénomène s’observe chez la brême maintenue à l’obscurité.
Si l’on divise équatorialement l’œil d’une brême conservée dans l’obscurité et l’œil d’une brême laissée exposée à la lumière, et qu’on débarrasse leurs moitiés postérieures de l'humeur vitrée, qui chez ces poissons s’en détache très facilement en entier, la rétine de la brême à l’obscurité offre une couleur rouge, celle de la brême à la lumière une couleur bleue. A une différence de saturation dans cette couleur rouge et dans cette couleur bleue, on distingue nettement la ligne où s’arrête le tapis rétinien. | |
Reprenant l’examen de nos coupes transversales, nous voyons le pigment fortement accumulé en direction centrifuge ; il remplit les bases des cellules épithéliales pigmentées, ainsi que les racines des fils protoplasmiques auxquels ces cellules donnent naissance, et il enveloppe donc non seulement les sommets des bâtonnets, mais aussi les segments externes des cônes doubles et une partie de l’ellipsoïde optique. Les segments externes et les ellipsoïdes des cônes simples sont, à cause de la situation plus périphérique de ces parties, enveloppés presque en entier et par suite très difficiles à distinguer. On ne les découvre çà et là, dans le pigment, que sur des coupes transversales très minces.
Les myoïdes de tous les cônes ont l’aspect de longs et gros cordons, dirigés vers la membrane limitante. Relativement minces au milieu, ils sont beaucoup plus larges au niveau de leur insertion sur l’ellipsoïde optique et sur le grain du cône.
Les segments externes des bâtonnets, écartés et refoulés par les ellipsoïdes optiques des cônes, apparaissent comme incurvés.
Un grossissement de 600 diamètres nous fait suffisamment connaître, en particulier, chacun des éléments. Ceux qui frappent les premiers le regard, à cause de leurs grandes dimensions, sont les cônes doubles.
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Ces cônes sont formés de deux segments externes et d’un segment interne; celui-ci est constitué par un double ellipsoïide optique et un myoïde, Les segments externes et les ellipsoïdes optiques s’étudient le mieux sur des exemplaires isolés; les myoïdes, sur des coupes en profil.
Les deux segments externes d’un cône double, égaux et semblables, sont de forme conique, à sommet arrondi, et intimement unis l’un à l’autre.
En cas de déplacement maximum, les sommets de ces segments externes dépassent généralement les sommets des bâtonnets. On peut en faire l’observation après avoir enlevé (à l’aide d’un pinceau mouillé) les cellules épithéliales pigmentées.
L'image qu’on obtient de cette manière permet, en outre, de se faire une idée de la situation respective des cônes. En premier lieu, on y remarque le nombre considérable, prédominant, des cônes doubles; en second lieu, elle donne un aperçu des rapports topographiques de ces cônes. C’est ainsi que, sur mon dessin dé la perche à l'obscurité, dans la moitié à droite, deux cônes doubles se voient de face et, à côté, un cône double est vu de profil; les sections optiques se croisent sous un angle de 90°. |
La limite entre le segment externe et le segment interne est facile à reconnaître. Les ellipsoïdes optiques des cônes doubles contiennent deux grand corps ovoïdes, aplatis suivant leur face de contact, et entourés d’une capsule à laquelle le myoïde adhère largement. Le protoplasma de l’ellipsoïde optique est, dans mes préparations à l’acide nitrique, coagulé en fines granulations.
Ainsi que je l’ai déjà dit, les myoïdes ont la forme de gros cordons, qui du côté central se portent vers la membrane limitante et sont en connexion avec un grain de la couche granuleuse externe. î
Les cônes simples, cachés dans le pigment, sont également composés d’un segment externe et d’un segment interne.
Le segment externe a encore la forme d’un cône à sommet arrondi, et est nettement séparé du segment interne, auquel on distingue de nouveau deux parties: un ellipsoïde optique, de forme ovoïde, et un myoïde, plus mince et plus long que celui des cônes doubles. Les dimensions de toutes les parties de ce cône simple, à l'exception de la longueur du myoïde, sont beaucoup moindres que celles du cône double. Cela ressort du tableau qu’on trouvera -plus loin et aussi de l’inspection de notre dessin.
Ainsi qu’il a été dit dans les considérations générales sur nos coupes en profil, les cônes et surtout les ellipsoïdes optiques, par leur déplacement centrifuge entre les bétonnets, notamment entre leurs segments externes, incurvent ceux-éi. Les cônes simples ayant, par suite de leurs dimensions plus faibles, moins de résistance à vaincre, ils devront en quelque sorte devancer les gros cônes doubles, et telle est peut-être la raison pour laquelle leur déplacement est beaucoup plus considérable que celui de ces cônes doubles (voir le Tableau).
Quant à la manière dont se comportent les segments internes des bâtonnets, c’est un point que je n'ai pu éclaircir jusqu'ici. Les bâtonnets de la perche exposée à la lumière ressemblent aux bâtonnets verts des grenouilles. Maïs, chez la perche à l'obscurité, on ne voit rien du segment interne filiforme de ces bâtonnets. Dans mes préparations, l’observation distincte de ce segment était empêchée par la liaison des différentes parties et par l'aspect strié de la zone incolore dont il à été question plus haut. Cet aspect strié est dû aux poils qui s'élèvent de la membrane limitante externe, dont ils sont regardés comme des prolongements. Selon toute probabilité, les segments internes filiformes se renflent, à l’obscurité, en cordons protoplasmiques plus gros, mais plus courts. Les segments externes des bâtonnets seraient alors déplacés, en masse, dans la direction centripète. Pour trancher la question, un examen ultérieur est nécessaire.