‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 3)Chapitre 65 sur 107 · TS ST · texte numérisé non relu

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346 A. G. H. VAN GENDEREN STORT.

M. Ranvier ') donne la figure d’une coupe transversale obtenue après durcissement très laborieux par l’acide osmique et l'alcool étendu et coloration par le picrocarmin. Il me semble que, ainsi traités, les segments internes des cônes se gonflent trop fortement. Mes préparations à l’acide nitrique fournirent des images toutes différentes.

Une coupe transversale de la rétine d’un triton maintenu dans l’obscurité fait voir une distribution assez uniforme des éléments. Dans la couche des cônes et bâtonnets, on distingue sans peine, même à un grossissement médiocre:

1° les cônes mobiles simples ;

2° les cônes jumeaux, à cône principal mobile ;

3° les bâtonnets.

Après que j'eus découvert, chez le pigeon, les changements de forme subis par les bâtonnets, mon attention se porta plus spécialement sur ces éléments. Or, la rétine du triton était éminemment propre aux recherches que j'avais en vue. M. Ranvier, entre autres, dit à ce sujet ?): ,Pour acquérir les premières notions sur la structure de la rétine, il convient de l’étudier d’abord chez le triton crêté, où la couche des cellules visuelles et certains autres détails se montrent avec une grande évidence.” Cela est parfaitement exact. Les bàtonnets, courts et gros, avec leur segment externe à structure complexe ; les cônes simples mobiles ; les cônes jumeaux, avec leur cône principal mobile et leur cône secondaire immobile, — tous apparaissent avec tant de netteté, même à un grossissement assez faible, qu’ils se prêtent admirablement à l’étude des changements de forme. Je ne suis en désaccord. avec. M. Ranvier que pour la membrane limitante, que je: n’ai pas trouvée aussi distincte que lui, comme :il ressort le mieux de la comparaison de nos figures. |

1) Ranvier, Traité technique d’histologie, Paris, F. Savy, 1875—1882, p. 956.

Ce qui m’a toutefois le plus frappé sur mes coupes trans-

versales de la rétine du triton à l’obscurité, c’est que dans

la couche granuleuse externe, dont les grains formeraient, pensait-on, une rangée unique, les grains des bélonnets ne se trouvañent pas tout entiers dans le rang, mais le dépassaient par le haut, en faisant même assez fortement saillie au-dessus de la membrane limitante externe. Nous reviendrons tout à l'heure sur ce fait, en parlant du segment interne des bâtonnets. Passant maintenant à l'examen successif des divers éléments

de la couche des cônes et bâtonnets, chez le triton à l’obs-

curité, nous commencerons par: | 1. Les cônes simples, mobiles. Ces éléments rappellent les petits cônes mobiles, sans boule, des grenouilles. Ils sont composés d’un segment externe conique et assez long, presque deux fois aussi long que celui de la Rana esculenta, et d’un segment interne, où l’on distingue aisément deux parties: un ellipsoïide optique de forme ovoïide, qui à l’une de ses extrémités, là où s'attache le segment externe, est comme déprimé; et une partie protoplasmique contractile, le myoïde du cône. Le myoïde, dont la longueur n’est pas constante et qui a l’aspect d’une corde, mince au milieu, assez large à ses in- . sertions, unit l’ellipsoïde optique au grain du cône. Ce grain, gros et ovale, touche par un de ses bouts à la membrane limitante externe, qui, bien que peu distincte, est reconnaissable aux petits cils, courts et fins, qui se dressent à sa surface. Jamaïs je n’ai vu le myoïde des cônes aussi long, ou plutôt aussi fortement étiré, que celui des grenouilles; ordinairement l’ellipsoïde optique s'élève au-dessus de la limite des segments internes et externes des bâtonnets, limite qui, nous le verrons plus loin, est située assez haut, plus haut que dans le bâtonnet exposé à la lumière. Tandis que chez la Rana esculenta j'ai rencontré des myoïdes de cônes qui mesuraient jusqu’à 0w®,050, le Triton cristatus ne’ m’en a pas offert qui eussent plus de 0,016 de longueur.

L’ellipsoïde optique reste de forme sensiblement constante. ARCHIVES NÉERLANDAISES, T. XXI. 22

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