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Cônes jumeaux, à cône principal mobile

Ces formations se rencontrent abondamment dans toutes les parties de la rétine. De même que chez les grenouilles, ellés consistent en deux cônes très différents de structure et de propriétés. Je crois que le nom de cônes jumeaux est ici préférable à celui de cônes doubles; ce dernier s’applique bien chez les poissons, mais chez les grenouilles et les tritons il vaut mieux parler de cônes jumeaux.

Le cône principal du cône jumeau est pareil, par sa forme “ et ses propriétés, au cône mobile simple, ci-dessus décrit; il a son segment externe, son ellipsoïde optique, son myoïdeet son grain propre. Au myoïde du cône principal est partiellement uni, par son segment interne, le cône secondaire. |

Ce cône secondaire présente, en effet, un segment interne et un segment externe. Le segment externe ressemble assez bien à celui du cône principal. Dans le segment interne, de di- mensions beaucoup plus grandes que celui du cône principal, 4 on trouve un corps ovoide, qui du côté central s'étend jusqu'à la membrane limitante externe, du côté périphérique jusque près de la limite du segment externe. Cette limite est facile «

à reconnaître, Un court et large protoplasma, qui ne subit aucun changement de forme, relie le cône secondaire à son grain propre.

3. Bétonnets. Plus courts que ceux de la grenouille, mais par contre plus gros, ils sont faciles à étudier sous un grossissement médiocre. Leur segment externe, d’un jaune citron (coloration due à la présence du rouge rétinien transformé par HNO,), est un cylindre à sommet arrondi.

Plus complexe est le segment interne. On y voit un corps plan ou biconcave, qui réfracte très fortement la lumière et est morphologiquement homologue au corps lenticulaire contenu dans le segment interne des bâtonnets de la grenouille ; en dedans, ce corps très réfringent est limité par un corps plus ou moins arrondi, occupant toute la largeur du segment interne, et d’une réfringence beaucoup plus faible. M. Ranvier désigne celui-ci sous le nom de ,corps accessoire”.

Presque contigu à ce corps, auquel il est uni par du protoplasma, se trouve le grain du bâtonnet, dont la forme diffère un peu de celle des grains de cônes. C’est, en effet, un ovoïde aminci en pointe vers le bas. La base de cet ovoïde s'élève de plusieurs microns au-dessus de la membrane limitante exlerne, Ce qui n’est pas le cas dans la rétine du triton exposé à la lumière. Il en résulte que la limite des deux segments du bâtonnet est déplacée en direction centrifuge. Il en résulte aussi que les grains des bâtonnets ne sont plus situés au même niveau que ceux des cônes, mais plus haut; 27 doit donc se produire un glissement de ces grains dans la couche granuleuse externe.

B, Rétine du triton à la lumière.

(Voir: PI. VII Fig. F.)

Quelques-uns de mes tritons furent exposés pendant plus de 12 heures à l’action de la lumière diffuse, mais vive, d’un Jour d’été, puis les bulbes oculaires furent extirpés, durcis et ouverts de la manière connue. La moitié postérieure des bulbes

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ayant alors été découpée en segments, sous la solution phy- : siologique de sel marin, de petits lambeaux de rétine s’en détachèrent.

La couche des cônes et bâtonnets était feinte en brun noirâtre par l’abondant pigment répandu dans les fils protoplasmiques des cellules pigmentées, fils qui eux-mêmes avaient été arrachés mécaniquement de la base des cellules. Ainsi qu'il à été dit plus haut, je n’ai jamais vu le pigment, sous l'influence de la lumière diffuse vive du jour, atteindre la membrane limitante externe. | | |

Les coupes transversales de la rétine montrent maintenant les grains des bâtonnets dans une position très différente de celle où nous les avons vus plus haut; nulle part ils ne font saillie au-dessus de la membrane limitante externe ; les gros noyaux, qui remplissent la cellule presque tout entière, sont disposés à peu près dans le même plan que ceux des grains des cônes ; parfois, ces derniers sont situés un peu plus bas, comme l’a déjà remarqué M. Ranvier, mais telle n’est pas la règle générale chez les sujets qui ont été exposés longtemps à une lumière diffuse vive.

Les cônes simples, mobiles, sont implantés, par un myoïde contracté, court et gros, sur la membrane limitante externe. Leur segment externe et leur ellipsoïde optique sont de la même forme et ont à peu près les mêmes dimensions que ceux des cônes du triton maintenu dans l’obscurité.

Le tableau suivant fait connaître la longueur des myoïdes des cônes, c’est-à-dire la distance depuis l’ellipsoïde optique. jusqu’à la membrane limitante externe; il met en lumière la grande différence qui existe, sous ce rapport, entre le myoïde contracté et le .myoïde non contracté.

Cônes mobiles simples d’un Triton cristatus exposé pendant plus de 12 heures (un jour) à la lumière diffuse d’un ciel serein.

Zeiss F, Oc. 2. — Unité = 1,65 w.

Nombre des cônes |Ecart moyen.

mésures. |

Moyenne.

Segment externe, longueur! 15,08 u 7 0,72 u ‘ellipsoïde } longueur! 6,79 8 0,3 u

Segm. \ interne) optique | largeur 4,12 u x! Que | \ myoïde, longueur| 3,30 w 9 0,11 u

En comparant ce tableau avec le précédent, on voit que chez le triton à l'obscurité le myoïde est environ 4 fois plus long que chez le triton exposé à la lumière. L'écart moyen a également, chez le premier, une valeur plus grande, ce qui porte à croire que la limite où s’arrête la contraction du myoïde est plus constante que celle atteinte par son allongement.

Les nombres qui indiquent la longueur et la largeur moyennes

de l’ellipsoïde optique se rapprochent beaucoup de ceux du :

tableau précédent. En ce qui concerne le segment externe,

on remarque entre les deux tableaux une assez grande diffé-

rence; mais, de cet élément délicat, il peut si facilement, par rupture mécanique, se détacher un petit fragment!

2. Cônes jumeaux, à cône principal mobile. Le myoïde du cône principal ne se contracte jamais aussi fortement que celui du cône mobile simple; son ellipsoïde optique se voit toujours entre les segments externes des bâtonnets, par conséquent au-dessus de la limite du segment externe et du segment interne de ces éléments. Comme la limite en question, chez . le triton exposé à la lumière, s’avance plus vers le centre, se rapproche donc plus de la membrane limitante externe, la | position de l’ellipsoïde optique du cône principal, telle que | nous venons de l'indiquer, s'explique suffisamment.

Le cône secondaire ne subit ni changement de forme, ni

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changement de lieu, et ressemble tout à fait à celui, précédemment décrit, du triton maintenu dans l’obscurité. 4

3. Bâtonnets. Chez les bâtonnets, unis à leurs grains, je n'ai pu constater aucun changement de forme, mais bien un changement de lieu. L'ensemble s'était abaïssé en direction centripète, de manière que les grains avaient pris place dans le rang des grains des cônes, c’est-à-dire au-dessous de la membrane limitante externe. Par suite, la limite des segments, internes et externes se trouvait beaucoup plus près de cette membrane. |

Jamais je n’ai pu observer de changement spécial, soit au segment interne, soit au segment externe. Seulement, ce dernier était incolore.

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