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C. VAN WISSELINGH

Aperçu historique.

Les revêtements des espaces intercellulaires ont, dans les derniers temps, attiré à un haut degré l'attention des botanistes, tandis que, antérieurement, c’est à peine s'ils excitaient quelque intérêt. M. de Bary !) ne fait à leur sujet que

la mention suivante: ,Les espaces schizogènes sont limités

. par les membranes lisses des cellules qui en forment la paroi.

Dans maïints canaux plus grands, par exemple chez Nuphar, ou dans des lacunes, comme celles du rhizome de l’Aspidium Filix mas, cette paroi est tapissée d’une mince cuticule. Des recherches ultérieures devront nous apprendre si c’est là un phénomène plus ou moins général.” En ce qui concerne la première des deux plantes ci-dessus nommées, M. de Bary renvoie à un passage de M. Frank ?), où, à propos du pétiole du Nuphar luteum, ïl est dit que les membranes circonscrivant les cavités aériennes se distinguent des autres par une épaisseur un peu plus grande, et que la pellicule externe, ou cuticule, qui limite la cavité, résiste à l’action de l'acide sulfurique concentré.

Le premier travail étendu sur les revêtements des espaces

1) Vergl. Anatomie, p. 225.

2) Beitr. z. Pflanzenphys., p. 155.

intercellulaires fut entrepris par M. E. Russow !), qui publia les résultats de ses recherches en 1884. Avant de nous occuper de ceux-ci, nous devons toutefois rappeler une découverte déjà faite antérieurement par le même auteur ?), savoir l’existence du protoplasma dans les espaces ïintercellulaires; cette découverte, en effet, a sans contredit beaucoup contribué à fixer l’attention sur ces revêtements et a exercé une influence marquée sur les considérations dont plus tard ils ont été l’objet. Plusieurs botanistes confirmèrent l’existence du protoplasma dans les espaces intercellulaires, et quelques-uns annoncèrent à cette occasion des résultats très remarquables. M. Schaarschmidt #), par exemple, découvrit ,le plasma de la lamelle moyenne”; par lequel chaque cellule serait enveloppée comme d’un manteau, ainsi que la présence de la chlorophylle et la formation des cellules intercalaires dans les espaces intercellulaires. M. Russow {) et, après lui, M. Gardiner ) déclarèrent toutefois ne pouvoir nullement partager cette manière de voir, ni d’autres analogues. |

Disons maintenant à quels résultats avaient conduit les recherches spéciales de M. Russow sur les revêtements des espaces intercellulaires. Dans un très grand nombre de casil avait réussi, à l’aide de l’iode et de l’acide sulfurique légèrement dilué, à observer ces revêtements et à constater leur similitude avec ceux qui avaient été trouvés par M. Frank dans le Nuphar luteum et par M. de Bary dans l’Aspidiwm Filix mas. Il montre que ces formations ne se rapprochent nullement de la cuticule, mais doivent être regardées comme de très

1) Ueber die Auskleidung d. Intercell., tiré à part des Sitzungsb. d. Dorpat. Naturforsch. Gesellsch., 1884, VIL Jahrg., 1. Heft,

?) Ueber die Perforat. d. Zelhvwand u. d. Zusammenhang d. Protoplasmakürper benachb. Zellen, dans Sitzungsb. d. Dorpat. Naturf.- Gesellsch., VI. Bd., 3 Heft, p. 578 et suiv.

3) Botan. Centralbl., Bd. XVIII, p. 142, Bd. XIX, p. 268.

1) Ueber die Auskl. etc., p. 8 et 9.

#) Nature, 1885, n° 800, p. 390 et 391.

DÉS ESPACES INTERCELLULAIRES. oi!

minces revêtements plasmatiques. Bien que, après le traitement indiqué, elles ressemblent assez à la cuticule, celle-ci s’en distingue par son insolubilité dans l’acide sulfurique. La cuticule, en outre, est plus nettement limitée que le revêtement modifié

par l’acide sulfurique, qui présente, au moins partiellement,

un caractère granuleux. Une grande analogie, par contre, s’accuse entre le revêtement et le protoplasma pariétal de l’intérieur des cellules; le premier ne se distingue du second que par son épaisseur moindre et par une coloration jaune plus faible. Très instructive surtout fut trouvée la racine du Lycopus europaeus; pour celle-ci, M. Russow paraît très disposé à admettre que, avec les progrès de l’âge, le protoplasma se transporte du côté interne de la paroi cellulaire au côté externe, qu’il s'échappe donc, en quelque sorte, de la cellule.

Les considérations développées par M. Russow touchant la présence du protoplasma dans les espaces intercellulaires ne ‘restèrent pas longtemps sans soulever des critiques. Par suite de certaines réactions, M. Gardiner !) fut amené à conclure que, dans beaucoup de cas, les matières qu’il avait rencontrées dans les méats intercellulaires ne devaient pas être prises pour du protoplasma, bien qu’elles fussent colorées de la même manière que celui-ci par l’iode et par différentes matières colorantes. En ce qui concerne la jeune tige du Ligustrum vulgare, la substance que l’iode y colore en jaune est constituée, selon M. Gardiner, par la partie externe de la paroi cellulaire, laquelle partie a éprouvé, le long de l’espace intercellulaire, des changements qui s’accompagnent d’une lignification partielle, comme le montre l’action du chlorure d’aniline et de l’acide chlorhydrique.

La nature protoplasmatique des revêtements fut combattue surtout par M. Schenk ?). Pour celui-ci, le fait que les revêtements et le protoplasma se comportent de la même manière

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