‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 5)Chapitre 124 sur 171 · I. II. III. lY. V. VI · texte numérisé non relu

I. II. III. lY. V. VI

plaque d’argile No. 1

Trauche de pomme de terre

Cai’otte (coupée en travers)

Lame de bois

Peau de grenouille (conservée 2 jours dans l’eau)

Vessie de porc

Peau de grenouille (fraîche)

Poumon de chat

Expériences 13 — 16.

NaCl 0.06 pCt.

Plaque d’argile No. 1

NaCl 0.06 pCt.

NaCl 0.1 pCt.

NaCl 0.02 pCt.

// No. 4

Non-seulement , comme on le voit , les constantes diffèrent très considérablement pour des membranes différentes , même analogues,

344 TH. W. ENGELMANN. SUR l’iNFLUENCE QUE LA NATURE

mais la constante d’une seule et même membrane change aussi dès que la structure de la membrane éprouve une modification. C’est ainsi, par exemple, que la peau de grenouille devient beaucoup plus perméable en séjournant quelque temps dans l’eau (comp. Tabl. I, 5 et 6, Tabl. III, 9 et 11). En général, les expériences indiquent déjà que des membranes organiques molles , contenant beaucoup d’eau, possèdent une perméabilité plus grande que des membranes denses et d’une nature plus sèche.

En considération du point de départ physiologique de mes recherches , il m’a paru utile de soumettre cette relation à une vérification ultérieure. On ne pouvait naturellement songer à déterminer séparément la constante des cellules épithéliales contractiles des glandes cutanées et celle des cellules non contractiles ; et il était tout aussi impossible de trouver deux membranes homogènes , dont l’une — analogue aux cellules non contractiles des glandes — possédât un grand pouvoir d’imbibition , l’autre — analogue aux cellules musculaires des glandes — un pouvoir faible. La plupart des membranes ont une structure très compliquée: elles se composent en général de différentes sortes d’éléments et de tissus, à pouvoirs d’imbibition si divers, qu’on ne saurait conclure, de la constante osmotique de la membrane entière, à celle de chacune des parties constituantes séparément.

Pour lever cette difficulté , j’ai modifié artificiellement, en divers sens, la capacité d’imbibition d’un certain nombre de membranes primitivement identiques: chez les unes, je l’ai augmentée en les ramollissant par une courte immersion dans un alcali caustique; chez les autres, je l’ai diminuée, en les durcissant dans l’alcool , les acides minéraux, le tannin , les sels des métaux lourds , ou d’autres matières ayant une action analogue. Chez les premières , la perméabilité devait alors devenir plus grande que dans la membrane fraîche ; chez les secondes , plus petite ^ ).

Le résultat des expériences a complètement confirmé cette pré*

') Au sujet de l’influence des acides sur la perméabilité on peut voir aussi: Heynsius , ArcMv fur die lioU. Beitràge , I , p. 243 , et Nederl. Tijdschrift voor Geneesk. 1860.

DE LA MEMBRANE EXERCE SUR l’oSMOSE ÉLECTRIQUE. 345

vision. Quelques exemples , réunis dans le Tableau IV , pourront en faire foi. Les expériences ont eu lieu suivant la méthode A. Les membranes employées étaient des morceaux , longs de 5 cm. et larges de 4% cm., de la peau abdominale de grandes Ranae esculentae. Les membranes 1 — 4 provenaient d’individus tués tout récemment ; elles furent plongées , la pendant 2 minutes dans une dissolution concentrée de sulfate de zinc , la 2^ un temps égal dans l’alcool absolu, la 3^ dans une solution concentrée de tannin, la 4e pendant 1 minute dans 'la potasse caustique à 35 pour cent; après cela elles furent lavées durant une heure , dans de l’eau fréquemment renouvelée. La membrane 5 avait été conservée pendant 2 jours sous l’eau, la membrane 6 était fraîche. Entre les deux expériences 4^ et 5«, la membrane 5 fut traitée pendant une minute par HCl à environ 5 p. c., et la membrane 6 pendant le même temps par la soude caustique à environ 5 p. c. , après quoi elles furent soumises à un lavage à l’eau , prolongé durant une heure. Entre les expériences bd et 6^?, l’inverse eut lieu: la membrane 6 fut traitée par HCl, et 5 par la soude. — Lorsque les membranes étaient parfaitement lavées , on les plaçait dans l’osmomètre et on remplissait celui-ci avec de l’eau de la même pompe qui avait fourni l’eau de lavage. Le tube d’ascension , qui surmontait l’auge, avait un diamètre intérieur de 0,8mm. Après qu’on s’était assuré que le niveau du liquide dans l’auge restait constant (on attendait chaque fois 4 — 5 minutes) , le courant était établi, alternativement dans une direction et dans l’autre. On n’opérait jamais pendant plus de 10 minutes avec la même combinaison de membranes.

La disposition du Tableau IV (voir p. 346) est la même que celle du Tableau I.

Ces expériences expliquent en outre un phénomène qui s’observe presque constamment lorsque deux membranes organiques sont exposées pendant longtemps , dans l’osmomètre différentiel, à l’action du même courant : on voit alors , dans le cas où le courant électrique avait d’abord fait monter le niveau du liquide, celui-ci s’abaisser au bout de quelque temps, et même, au commencement, avec une vitesse croissante.

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