M. HOEK
1. J’admets que les orbites des comètes sont de leur nature des paraboles ou des hyperboles, et que, dans les cas où Ton rencontre des orbites elliptiques, celles-ci sont occasionnées par l’attraction planétaire, ou bien doivent leur caractère à l’incertitude de nos observations. Admettre le contraire , serait reconnaître certaines comètes comme membres permanents de notre système planétaire, auquel elles devraient avoir appartenu depuis son
’) Bien que les deux Notices de M. Hoek, auxquelles les Archives font aujourd’hui une place, aient déjà dix ans de date, la Rédaction ne croit pas avoir à se justifier de cette dérogation aux règles ordinaires. Le savant et modeste astronome, dont TUniversité d’Utrecht a eu récemment à déplorer la perte prématurée, s’était contenté d’exposes ses vues dans les Montlily Notices of the Royal Astronomical Society. Pourtant , il était à regretter qu’elles n’eussent pas reçu une publicité plus étendue. Il est arrivé plus d’une fois , en effet , que des savants français ont pris des informations spéciales pour savoir où il fallait chercher la théorie de M. Hoek sur les orbites cométares. D’autres fois , on a complètement oublié que notre compatriote s’était occupé de cette question avec autant d’originalité que de succès, et on a rapporté à M. Sciaparelli seull’honneur des idées qui ont cours actuellement dans la science. Nous croyons donc devoir à la mémoire de M. Hoek de reproduire, quoique tardivement, un travail qui a contribué, d’une manière si notable, à perfectionner nos connaissances relativement à l’origine et aux mouvements des comètes.
Archives Néerlandaises, T. IX. 25
origine ; ce serait soutenir , par conséquent , la naissance simultanée de ce système et de ces comètes. Pour moi, j’attribue à ces astres un caractère primitivement errant. Voyageant à travers l’espace, ils se meuvent d’une étoile à une autre, pour de nouveau quitter celle-ci, à moins qu’ils ne rencontrent un obstacle qui les force à rester dans sa sphère. Au voisinage de notre Soleil, Jupiter a été un pareil obstacle pour les comètes de Lexell et de Brorsen , et probablement pour la plus grande partie des comètes périodiques ; le restant de celles-ci est sans doute redevable de ses orbites elliptiques à l’attraction de Saturne et des autres planètes.
En général, les comètes nous arrivent donc de l’une ou de l’autre étoile. L’attraction de notre Soleil modifie leur orbite, comme l’avait déjà fait chacune des étoiles dont elles ont traversé la sphère d’action. On peut poser la question de savoir si elles arrivent à l’état de corps isolés ou bien réunies en systèmes. C’est cette question ' que j’ai entrepris d’examiner. Depuis quelque temps déjà j’avais senti la vérité de la proposition suivante:
Il y a dans V espace des systèmes de Comètes , qui sont dissous par r attraction de notre Soleil, et dont les membres, sous forme de corps isolés, atteignent le voisinage de la Terre durant un laps de plusieurs années.
Pour établir cette proposition, nous devons montrer:
Premièrement, que certaines comètes se sont trouvées jadis rapprochées l’une de l’autre, à une grande distance du Soleil ;
Secondement , qu’elles composaient un système et n’avaient pas été réunies par le' hasard.
2. Le premier de ces deux points nous conduit à rechercher s’il y a eu, à un moment donné, plusieurs comètes se trouvant non- seulement dans la même direction , mais aussi à des distances presque égales du Soleil.
L’équation polaire de la parabole peut être écrite:
cos 0 = - — 1 , r ^
où l’on voit que, r croissant jusqu’à l’infini, cos 0 tend vers — 1 et B lui-même vers 180®. Nous pouvons donc dire qu’en entrant
dans la sphère d’attraction de notre Soleil , chaque comète occupe sur cette sphère une position opposée à celle du périhélie de son orbite. Appelons cette position l’aphélie, suivant l’usage adopté en parlant d’orbites elliptiques ; la première chose que nous ayons à faire est de chercher s’il est apparu des comètes dont les positions sur la sphère, à l’aphélie, sont à peu près identiques.
Lorsqu’il s’agit d’orbites hyperboliques, l’équation’ devient
fl- (?]),
OÙ « indique l’excès de l’excentricité sur l’unité , et comme cette quantité « est ordinairement très petite, je l’ai négligée ^). , J’ai donc commencé par calculer la position aphélie de 65 comètes qui ont apparu dans les années 1844 — 65, et j’ai groupé ensemble tous les cas où la distance angulaire ne surpasse pas lO®. Ces cas sont donnés par les comètes: