‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 5)Chapitre 134 sur 171 · V : V = sin 1°48' : sin 137°, ou V = 0,461 V · texte numérisé non relu

V : V = sin 1°48' : sin 137°, ou V = 0,461 V

V ayant une valeur de 0,002707 par jour, ou de 0,989 par an, le mouvement propre annuel du Soleil a pour limite 0,46 du rayon de l’orbite terrestre.

Je reconnais que ce résultat n’est qu’un simple exemple de calcul , mais il montre clairement les conséquences qui peuvent être déduites de ce nouvel ordre d’idées.

8. Comment une étoile arrive-t-elle à nous envoyer un système de comètes ? Il m’est impossible de concevoir que l’étoile pourrait avoir rassemblé, et uni en un système, des corps primitivement isolés. Au contraire, on a vu qu’un pareil système est exposé à être rompu et à avoir ses membres dispersés par l’attraction du Soleil , et , sans nul doute , l’étoile précédente aurait agi sur lui de la meme manière , s’il avait existé avant ce moment. Nous devons donc conclure qu’il a pris naissance après le passage au dernier périhélie, ou, pour mieux dire, au dernier périastérie. Cela revient à dire qu’une comète antérieure a été divisée en parties, qui ont voyagé' de concert, sur des routes différentes mais voisines. Et en effet, il me paraît impossible qu’une comète, après avoir pris un si immense volume dans la portion périastérienne de son orbite, puisse de nouveau rallier, en se refroidissant, les particules éparpillées dans l’espace. Les masses sont trop petites, les vitesses trop grandes. Rappelonsnous le phénomène de la comète de Biela.

En résumé, dans le fait même de l’existence d’un système cométaire, je. vois la preuve que ce système nous arrive après avoir tourné autour d’un centre d’attraction qui était à une température très élevée.

9. Peut-être aurons-nous un jour l’occasion de vérifier l’exactitude de l’argumentation du paragraphe précédent. Les queues des comètes étant opposées à l’étoile focale dans le plan de l’orbite, il faut nécessairement que les fragments d’une pareille queue continuent à indiquer le plan de cette orbite.

En conséquence, si nous calculons avec tout le soin possible, à l’aide de l’ensemble de toutes les bonnes observations, les orbites que nos comètes décrivent autour du Soleil, et que nous les corrigions soigneusement de l’effet des perturbations planétaires, nous obtiendrons la vitesse et la position que possédait chacune de ces comètes avant d’avoir éprouvé aucune attraction perceptible de la part du Soleil. Le plan qui passera alors par ces trois positions indiquera la situation de l’orbite antérieure , et il devra contenir l’étoile focale. Telle est la condition sur laquelle

nous pourrons fonder ^un contrôle, aussitôt que l’étoile et sa parallaxe seront connues.

Pour ce qui regarde les vitesses de ces fragments , elles doivent aussi , en général , être comprises dans ce même plan , si le Soleil reste en repos; mais elles doivent être inclinées par rapport à lui, si le Soleil se meut. Dans ce dernier cas, toutefois, il faut que ces inclinaisons soient à peu prés égaies pour chacun des fragments, ce qui fournit la base d’une nouvelle vérification.

D’un autre côté, la connaissance de ces inclinaisons pourrait nous conduire à des évaluations concernant la vitesse du mouvement propre du Soleil. Nous connaîtrions alors , en effet , la valeur de la résultante de ce mouvement, pris dans une direction opposée, et du mouvement asymptotique de notre système cométaire; de plus, les angles que cette résultante fait avec chacune de ces composantes. Cela nous donnerait la valeur de ces composantes, toujours en supposant que la direction assignée à l’une d’elles par M. Madler soit exacte.

10. Le paragraphe précédent a déjà indiqué quelles recherches il serait utile de faire par rapport aux comètes de 1860 et 1863. J’ajouterai encore quelques considérations que je soumets au jugement des astronomes:

P. Chaque comète peut être un membre d’un système cométaire, ce qui double l’intérêt attaché à sa connaissance. Il est donc à désirer que pas un seul de ces astres, parmi ceux que leur mouvement rend susceptibles d’être découverts, n échappé à l’observation.

Un redoublement de vigilance , une surveillance systématique du ciel, produira, sans aucun doute, d’intéressants résultats. L’hémisphère austral , spécialement , a besoin d’organiser une sorte de police cométaire : trois observatoires, — par exemple , un en Australie , un au Cap de Bonne- Espérance et un dans l’Amérique du Sud , — devraient entreprendre de surveiller attentivement les parties du ciel invisibles à nos observatoires du nord, et s’engager franchement dans l’observation des comètes qui pourraient être découvertes dans ces parties. Les frais seraient insignifiants: un bon in-

M. IlOEK. SUR LES COMETES 1860 111, 1863 I ET 1863 VI. 395

strument, un observateur de second ordre, et peut-être quelques récompenses, pour encourager et pousser au succès. Ce dernier point me paraîtrait nécessaire, parce que ces trois observatoires auraient à contrebalancer dans leurs découvertes T hémisphère boréal tout entier , avec ses puissants instruments , ses nombreux observateurs et la foule de ses amateurs zélés.

J'ai encore d'autres raisons pour souhaiter que les découvertes de comètes soient à l'avenir aussi complètes que possible. Je me propose de les exposer dans un Mémoire suivant.

2®. Tout ce que nous savons des corps célestes , nous le savons grâce aux propriétés de la lumière. Une nouvelle propriété de cet agent a été récemment découverte et appliquée à l'Astronomie. L'analyse spectrale est déjà devenue, dans les mains de MM. Kirchhoff, Donati, Secchi et Huggins, une source de notions inattendues. En particulier, les travaux de M. Huggins, sur les nébuleuses et les amas d'étoiles, me paraissent offrir un haut degré d'intérêt.

Il ne faudra pas négliger d'appliquer ce nouveau moyen d’investigation aux comètes qui pourront se montrer à nos yeux. M. Donati a déjà donné le spectre de la comète 1864 II, spectre composé de trois bandes lumineuses, et qui, indubitablement, rend témoignage de la composition chimique de l'astre. Je suis porté à croire que le jour viendra où les specti*es cométaires, recueillis par les astronomes, permettront d’élucider les questions qui peuvent se présenter concernant la composition et l'origine, commune ou différente , des comètes.

3®. L'étude des systèmes cométaires mérite d’être poursuivie. J'ai l’intention de m’y livrer, et d’étendre mes recherches aux comètes qui ont apparu avant l'année 1844.

Utrecht, 6 Mai 1863.

PAR

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