‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 5)Chapitre 23 sur 171 · V. s. M. VAN DER WILLIREN. SUR LA FAUSSETÉ · texte numérisé non relu

V. s. M. VAN DER WILLIREN. SUR LA FAUSSETÉ

celui qu'il produirait lui-même s’il entrait spontanément en vibration. Une meilleure preuve expérimentale en faveur de mon explication ne saurait guère être désirée. En effet, l’ensemble circonscrit et capable d’exécuter des vibrations fixes, sur lequel agissent les impulsions de condensation et de dilatation, ou, si on l’aime mieux , les masses d’air au moment de leur plus grande vitesse, — cet ensemble, que chez l’oreille j’avais pour ainsi dire encore dû chercher dans la cavité et la membrane du tympan , — il se trouve ici complètement réalisé par le diapason, qui ne peut vibrer que dans son ton fondamental ou dans des tons très supérieurs. A coup sûr, on ne prétendra pas que ces expériences, d’une exécution si soignée et de résultats si clairs, prouvent le moins du monde que la période de la vibration communiquée à l’air ambiant par le diapason en mouvement soit altérée, ou que les ondes sinusoïdales qui en résultent soient allongées ou raccourcies, Et pourtant, voilà ce qui devrait arriver pour que de ces expériences on pût conclure, par analogie, que les raies de Fraunhofer se déplacent dans le sp.ectre quand la source lumineuse est en mouvement. Si donc M. Mayer croit avoir rendu ce déplacement probable , je réponds, sans hésitation : non; s’il pense que dans ces conditions la teinte d’un rayon lumineux homogène est modifiée pour l’œil, je réponds, sans vouloir trancher la question, que cela est peu probable et d’ailleurs en dehors des limites de l’expérience.

Ces expériences de M. Mayer sont une extension d’expériences antérieures de M. Konig ^),- auxquelles on avait attaché une grande importance et qui, en réalité, mettent de nouveau dans le jour le plus éclatant l’exactitude de mon explication.

De deux diapasons parfaitement isochrones, l’un reçoit un

*) Voir Ketteler, Astron. TJndulationslehre , Bonn, 1873, p. 24; et Mach, Beitràge zur Bopplerschen Théorie, Brag, 1874, Zusatz, p. 34.

Je n’ai eu eonnaissanee de ces deux écrits que lorsque mon Mémoire avait déjà paru , en hollandais , dans les Z erslagen en Mededeelingen der Kon. Akademie van Wetenschappen, Amsterdam.

mouvement régulier en avant ou en arrière ; on observe alors des battements , dont le nombre dépend de la vitesse du diapason déplacé,^ précisément comme Texige le raisonnement de Doppler. A cela rien d’étonnant, car nous avons ici de nouveau des condensations et des dilatations agissant sur l’oreille; le rhythme de celles qui émanent du diapasoû en mouvement étant changé, les condensations de l’un des diapasons sont , par rapport à celles de l’autre, comme les divisions du vernier par rapport à celles du limbe gradué; il n’y a donc aucun doute que l’oreille, où tantôt elles coïncident et tantôt elles sont séparées autant que possible, percevra le phénomène bien connu des battements.

La manière la plus simple d’exécuter cette expérience, c’est de mouvoir l’oreille, ou un résonnateur auquel elle est reliée par un tube en caoutchouc, dans la ligne qui joint les deux diapasons^ laissés en place ^); l’effet du mouvement est alors doublé, parce que, en même temps qu’on se rapproche de l’un des diapasons, on s’éloigne de l’autre.

29. M. Mach fait à cette expérience une très curieuse addition : „Si,” dit-il, „à l’une des branches d’un grand diapason on colle une allumette, qu’on laisse plonger pendant les vibrations dans une cuve à mercure octogone, au voisinage du bord, on voit apparaître à la surface du mercure une belle figure d’interférence , composée de stries hyperboliques, et due aux ondes directes et réfléchies. Lorsqu’on déplace le diapason, la figure se déforme et se déplace.” Ceci montre de nouveau que la poussée d’onde résultante s’avance avec la source à la surface du liquide, fait que personne ne révoque plus en doute; mais il ne s’ensuit nullement que la vibration élémentaire, exécutée par des myriades de particules mercurielles, ait changé de période; l’expérience n’a pas cette portée; au contraire, elle prouve que la vibration est communiquée sans altération, puisque, sans cela, d’après les lois de la mécanique, aucun mouvement ondulatoire régulier des particules ne pourrait prendre naissance.

M. Mach dit ensuite: „L’ analogue optique de l’expérience de

Ketteler, p. 27.

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