‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 5)Chapitre 43 sur 171 · V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ · texte numérisé non relu

V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ

sans , au moindre écart entre le rayon visuel et la direction du mouvement, je ne sais plus ce que deviennent la durée de vibra- ■

tion -et la surface d’onde de la vibration courante , qni déterminent ^

la- réfraction du rayon et la direction de Tobjet. Je ne sais plus ce qu’absorbe une masse de vapeurs : des pulsations et des déplacements instantanés ou élémentaires, ou bien une vibration que je |

ne puis laisser se former ? Je ne sais pas davantage sur quoi porte ?

la réfraction : sur ces vibrations courantes problématiques , accélé- j

rées ou retardées, des molécules de l’éther, ou sur ces impulsions ^

différentielles rapprochées ou écartées l’une de l’autre? S’il faut j

s’en tenir à ces dernières , il ne pourra encore être question d’un J

changement de la direction du rayon réfracté, aussi longtemps |

qu’on n’aura pas fourni la preuve mathématique que la rapidité de leur succession à la surface limite ajustement l’influence voulue , sur leur vitesse de propagation dans le prisme réfringent. j

Non, dussé-je être seul de mon avis, je ne crois pas qu’on ‘

puisse passer si légèrement sur toutes les difficultés énumérées, |

pour donner d’un phénomène aisément explicable une interpréta- | tion arbitraire , ériger ensuite celle-ci en loi naturelle inattaquable , |

et finalement en déduire les conséquences les plus importantes concernant les mouvements des corps célestes.

57. Tout ce que je viens de dire au sujet de la communication et de la propagation des vibrations lumineuses s’applique aussi parfaitement aux vibrations du son. Ce ne sont pas des phases i indépendantes qui se transmettent en vertu d’une force occulte; ce sont des vibrations, de durée inaltérée, qui se communiquent de molécule en molécule. Lorsque le rayon d’action directe de la matière vibrante ou des molécules de l’air a une valeur finie , — i et que la source vibratoire primaire possède des dimensions sen- ^ sibles, — cette communication et cette propagation ont très certainement lieu , en dépit du mouvement progressif de la source ; mais : on peut se figurer ce mouvement assez rapide pour qu’une pareille communication ne puisse plus s’effectuer. Je fais ici entièrement abstraction de la question de savoir si la trajectoire de la vibration trans- ?

mise rentre en elle-même , ou bien si , par suite de l’entraînement I

partiel de Tair, ses molécules décrivent des courbes plus ou moins analogues à celles qui ont été remarquées , pour les molécules de l’eau, par les frères Weber ^).

La théorie dite ennoblie , à laquelle s’en tenait M. von Ettingshausen, n’avait pu satisfaire M. Petzval, à cause qu’il n’y était pas tenu convenablement compte de l’entraînement du milieu ambiant par la source vibrante ^). Moi, je rejette cette théorie pour une raison différente et qui touche plus au fond des choses , savoir : qu’une impulsion moléculaire , une phase isolée , ne saurait se propager sans se résoudre en vibrations. Jé m’estimerais heureux si les considérations, que j’ai émises à ce sujet, pouvaient faire entrer le problème dans une phase nouvelle, qui aboutira, j’en ai la conviction, au triomphe définitif de la conservation de la durée de vibration.

58. Avant toute discussion ultérieure , je mets les partisans de la théorie de Doppler, n’importe sous laquelle de ses deux formes , en demeure de nous expliquer clairement, non-seulement pour le rayon lumineux dont la direction coïncide .avec le mouvement de la source, mais pour toutes les directions quelconques, comment nous devons concevoir le phénomène de l’absorption , et comment la direction du rayon réfracté est changée par le mouvement de la source; pour cette dernière question, je les invite à traiter spécialement le cas où le prisme est placé très près de la source , qui sera , par exemple , une étincelle électrique. Lorsqu’ils auront satisfait à cette juste exigence, il restera encore à prouver qu’une impulsion isolée et indépendante peut se propager comme telle dans un milieu élastique indéfini , et à désigner les points de l’espace , d’où partent soit les impulsions périodiques , soit les vibrations courantes successives, qui parviennent à l’œil.

Pour la réfraction , je veux bien indiquer la voie aux partisans du changement de la durée de vibration. Prenant les impulsions différentielles, que la molécule lumineuse émet des divers points

») Wellenlehre, Leipzig, 1825, §'101, fig. 22.

Voir son second Mémoire, p 582 — 583 , et la fin de son troisième Mémoire. Archives Néerlandaises, T. IX. 9

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de son trajet, au moment où elles arrivent, en succession plus rapide, aux dernières molécules de Téther libre, à celles qui joignent le prisme , ils devront les y réunir en un tout , en une vibration , d’une durée modifiée. Ceci est de nouveau une conception empruntée à l’excitation de vibrations sonores fixes , dans un ensemble circonscrit, par des pulsations venant du dehors, mais cette conception , il ne faudra pas l’oublier , apporte avec elle ses conditions

A ceux qui s’appuieraient sur des considérations analytiques, je dirai d’avance que je ne suis pas disposé à identifier une impulsion avec une onde de petite longueur et sans dépression, ni à attacher à un certain état initial des conditions portant atteinte au caractère qu’on a commencé par lui attribuer. Finalement , j’invite la partie adverse à ne pas perdre de vue qu’un amas de pierres , même précédé d’un signe d’intégration , n’est pas encore un édifice.

Il n’est peut-être pas hors de propos d’avertir ici que le Mémoire qu’on vient de lire n’est pas une simple traduction de celui qui a paru il y a quelque temps dans les Verslagen en Mededeelingen der Koninklijke Akademie van Wetenschappen. J’ai fait à mon travail des additions et des changements assez nombreux pour que sa forme présente puisse être considérée comme une édition nouvelle, revue et augmentée.

SUR

L’ANATOMIE DES ASTÉRIDES,

PAR

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