A.. W. M..VAN HASSELT. SECONDE COMMUNICATION, ETC
nication précédente), ne saurait être admise, attendu que le poison ne détermine aucun phénomène tétanique. Peut-être est-il permis de supposer que M. Arnott s’est égaré sur une fausse voie botanique , et qu’il n’a pas essayé l’action du poison , mais a vu ou appris qu’on le préparait au moyen d’une plante grimpante, regardée par lui à tort comme une espèce de strychnos , parce qu’à cette époque on ignorait encore que d’autres plantes grimpantes (notamment le strophanthus) sont également employées , dans cette partie du monde, à la préparation des poisons à flèche. Ce qui donne quelque vraisemblance à cette hypothèse, c’est que le district Manganja, où le poison à flèche Kombé se rencontre aussi, est situé sur la même partie de la côte orientale d’Afrique, quoique plus au sud. Les expériences de MM. Place et Dammann n’ont toutefois pas conduit, jusqu’ici, à la découverte de l’identité des poisons a flèche Somali et Kombé sous le rapport de leur action sur le cœur. Les résultats ultérieurs de ces recherches seront accueillis avec intérêt, car ils pourront contribuer à' soulever le voile qui a si longtemps caché la nature des poisons à flèche ' africains.
Dès à présent se dégage ce fait extrêmement remarquable , que sur au moins deux et peut-être (eu égard aux districts intérieurs du Cap) sur trois points très espacés de ce vaste continent, et en présence de l’inflnie variété de la végétation tropicale, des nègres ignorants choisissent , comme par instinct , une seule et même plante pour préparer leurs poisons à flèche cardicides. Du reste , le même phénomène étrange s’est produit , avec un caractère encore plus fortement accusé , dans nos possessions des Indes orientales , où le fameux Antiaris toxicaria a fourni pendant longtemps , non-seulement à Java et à Célèbes, mais aussi à Bornéo et dans le groupe d’îles de Sumatra, un des ingrédients essentiels des poisons à flèches employés par les indigènes.
Amsterdam, Janvier 1873.