‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 5)Chapitre 68 sur 171 · A. W. M. VAN HASSELT. SECONDE COMMUNICATION · texte numérisé non relu

A. W. M. VAN HASSELT. SECONDE COMMUNICATION

de Talcool fort, soumettant la teinture vert-jaunâtre fournie par ce traitement à une distillation modérée , et évaporant doucement le résidu au bain-marie sous la pompe pneumatique. L’extrait excessivement amer, ainsi obtenu, consistait encore pour moitié en une huile fixe inerte , et montrait au microscope une multitude de petits cristaux aciculaires , qui paraissent constituer le principe actif, auquel M. Fraser propose de donner provisoirement le nomde strophanthine.

Avec yV de grain de cet extrait alcoolique , introduit par diverses voies, il obtenait déjà, rapidement,, des effets mortels chez les grenouilles; avec chez les pigeons; avec î chez les lapins; etc.

Kenvoyant pour plus de détails au Mémoire original, je rapporterai seulement les conclusions que l’auteur tire de ses recherches : 1®. Le Strophanthus (= poison à flèche Kombé) 2igit primitivement sur le cœur *), et finit par déterminer la paralysie de cet organe en état de systole ventriculaire. *

2®. La respiration J chez les animaux à sang froid, persiste encore pendant quelques minutes après l’arrêt total du cœur.

3®. Les muscles volontaires du corps sont ensuite atteints à leur tour ; ils sont d’abord agités de légères convulsions , avec accroissement de tonicité , mais bientôt eux aussi sont arrêtés dans leur fonctionnement par la paralysie , et alors ils deviennent rapidement roides et montrent une réaction acide. Le trouble de leurs fonctions ne se produit que consécutivement ^ après que l’action sur le cœur est devenue complète. Toutefois, il est indépendant de cette dernière , ainsi que de l’action sur le système cérébro-spinal , ^ ) Des cœurs de grenouilles , entièrement séparés du corps et divisés en morceaux , n’ayant donné , immédiatement après l’arrêt produit par le poison , qu’une réaction négative à la suite de l’excitation électrique, l’auteur incline à admettre l’action immédiate et directe sur le tissu musculaire du cœur, sans intervention des nerfs et ganglions intra-cardiaques. Il est à regretter que, pour résoudre cette question , il n’ait pas répété l’expérience comparative de M. Pelikan , dans laquelle un cœur excisé , mais se contractant encore , et un nerf musculaire bien préparé et isolé étant plongés conjointement dans une dissolution aqueuse d’un poison cardiaque, déantiar par exemple, le premier perdait rapidement la propriété d’être excité par le courant galvanique , tandis que le second la conservait beaucoup plus longtemps. — Comme ma petite provision de poison à flèche du Cap était épuisée et que je ne possédais pas de poison Komhé, je n’ai pu exécuter moi-même cette expérience de contrôle.

SUR LES POISONS à FLECHE AFRICAINS.

et doit être considéré comme la conséquence du contact direct du principe actif avec les fibres musculaires elles-mêmes.

4®. Les mouvements réflexes, qui ont leur origine dans la moe//e allongée et la moelle épinière, sont éteints peu de temps après la paralysie totale du cœur ; mais le pouvoir de conduire Tinfluence motrice persiste , tant dans ces centres que dans les grands troncs nerveux, jusqu’après la paralysie complète des fibres musculaires striées.

En comparant les résultats de ces expériences ^), soit d’une manière générale, soit dans les particularités résumées de 1 — 4, avec ceux obtenus pour d’autres bien connus du cœur et

des muscles y je crois qu’aux quatre conclusions de M. Fraser on pourrait en ajouter une cinquième, savoir:

5®. L’action pbysio- toxicologique de l’extrait alcoolique du Strophanthus Kombé Oliv. offre une analogie frappante avec celle du latex desséché de VAntiaris toxicaria Lesch. ; ou, en d’autres termes, la sirophanthine de Fraser agit, sous le rapport toxicodynamique, de la même manière que V antiarme de Mulder.

Parmi les poisons à flèche différents, ou du moins signalés jusqu’ici sous des noms différents, qu’on trouve en Afrique , il en est encore un dont je veux dire ici quelques mots ; c’est celui des Somalis ou Somaulis , peuplade nègre qui habite la partie la plus orientale de l’Afrique ,, près du. golfe d’Aden (empire d’Adsjan). Mon ami, le Dr. Dammann, officier de santé de 1ère classe de notre Marine , a rapporté d’Aden, lors de son dernier voyage , un arc, un carquois et quelques flèches empoisonnées provenant de cette peuplade. Les expériences préliminaires faites par lui et M. le prof. Place, dans le Laboratoire physiologique d’Am- / sterdam , ont déjà montré que l’indication donnée antérieurement par M. Arnott au sujet de ce poison à flèche africain, savoir, qu’il contiendrait de la strychnine (voir ma commu-

Les procédés nouveaux de la physiologie expérimentale , — tels que la destruction préalable de la moelle épinière, ou l’extinetion du mouvement réflexe par la méthyl-strychnine, la section des nerfs vagues, l’isolement du nerf ischiatique , la ligature des muscles des membres , etc. ont été appliqués par M. Fraser avec le plus grand soin et la plus grande habileté.

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