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V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ

dans le second cas , au contraire , la vibration ou la poussée d'onde devient indépendante du mouvement de la source aussitôt qu'elle est passée dans le milieu ambiant, et alors, à compter de ce point de départ, elle a encore à parcourir toute la longueur de l'onde. Tant que les vitesses a et cc' de la source vibratoire et de l'observateur restent petites par rapport à la vitesse a de la vibration courante ou de la poussée d'onde, on s'en tient aujourd'hui pour les deux cas à la même formule , et la conclusion s'énonce simplement ainsi: le nombre des ondes, des poussées d’onde, ou plutôt des vibrations déroulées , que l'observateur recueille en un

même temps , est augmenté dans le rapport ^ , où « et

doivent naturellement être pris positifs dans un sens opposé. Lorsque les valeurs précises de « et «' sont connues , le déplacement de la couleur vers le violet et l'exhaussement du ton peuvent donc être calculés d'une manière tout à fait exacte, en mesure et en nombre.

10. Tel est, dans sa forme systématique, le raisonnement auquel s’est laissé prendre le monde savant, et qni, étendu beaucoup au-delà des bornes où s’était renfermé l'auteur, constitue ce qu'on décore aujourd'hui du titre de théorie de Doppler, et dont l’application à l'analyse spectrale du ciel est saluée comme un progrès considérable de la science.

Les objections que cette théorie soulève se laissent résumer en peu de mots. J'ai déjà fait remarquer que Doppler ne se rend pas clairement compte de la manière dont une onde ou une poussée d'onde naît d’une vibration courante. Chaque vibration qui se propage le long du rayon sonore ou lumineux développe sa propre onde , dont la longueur est déterminée par la durée de la vibration et sa vitesse de transmission, qui est aussi la vitesse de transmission de l’onde. Une vibration est un tout qui s’achève régulièrement ; il ne peut donc être question de moitiés ou de quarts de vibration, ni par conséquent de moitiés ou de quarts d’onde. L’onde se compose d'une croupe et d'une dépression; une molécule du milieu , qui est arrivée au maximum positif de l'écart de

DE LA PROPOSITIOIV QUE LA REFRACTION DES RAYONS^ ETC. 5l

sa vibration , se trouve au sommet de la croupe de Tonde courante. Conservons pour les ondes sonores et lumineuses cette terminologie empruntée aux ondes liquides. Lorsque d’un même point partent, d’une manière continue et régulière, des vibrations d’une durée toujours égale , le rayon sonore ou lumineux est occupé par une suite non interrompue de croupes et de dépressions alternatives, qui se joignent exactement; la distance de deux croupes successives est alors toujours égale à la vraie longueur d’onde de la vibration. Mais si, comme le suppose Doppler, le centre d’ébranlement se déplace le long du rayon après chaque vibration , et de chaque point d’arrivée lance, au repos, une nouvelle vibration, alors la connexion régulière des ondes successives est immédiatement rompue; les vibrations courantes s’exécutent bien encore dans le même temps, et la longueur des ondes respectives est restée exactement la même; mais les ondes des vibrations successives ont empiété plus ou moins les unes sur les autres, et la distance entre deux croupes ou deux dépressions consécutives est diminuée de la longueur du chemin que la source parcourt entre l’émission de deux vibrations. Voilà, en termes clairs et nets, ce que veut Doppler; rien de plus et rien de moins. Quant à un raccourcissement de la durée de la vibration ou de la longueur de Tonde, réglé de façon que les ondes successives n’empiètent plus les unes sur les autres, c’est une idée dont on ne trouve pas trace chez lui. Pour plus de simplicité, je m’en tiens ici au mouvement de la source en avant ; le mouvement en arrière donnerait lieu à un effet opposé , celui d’écarter les croupes et les dépressions des ondes successives.

Lorsque des milliers de molécules liquides superposées vibrent d’une manière simultanée et concordante, et atteignent par conséquent toutes à la fois leur maximum d’écart , elles forment cette haute intumescence , de 30 . pieds parfois , qui s’élève comme onde composée au-dessus du niveau de Teau. L’origine d’où naissent ces vibrations vient-elle maintenant à se déplacer, ce qu’il est si facile de concevoir pour l’action d’un coup de vent instantané sur la surface de Teau, et le déplacement s’opère-t-il de telle sorte

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