V. s. M. VAN UER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETE
7. Mais Doppler oublie de nous dire ce qu’il faut entendre, quand il s’agit de son ou de lumière , par une poussée d’onde ; quelque 'chose d’autre, à coup sûr, que le choc tumultueux des vagues contre l’avant d’un bateau qui remonte le courant d’une rivière agitée; ce parallèle serait par trop primitif. Doppler confond la poussée de Fonde avec Fonde entièrement déroulée , et cette onde entièrement déroulée , ou plutôt la cause qui la produit et qui va se distribuer sur la longueur totale de Fonde, il la fait communiquer par la 'source primaire au milieu en un seul élément de temps infiniment court. En douant de la vitesse de propagation ordinaire ces ondes ou poussées d’onde du son et de la lumière , dont l’origine change de place à chaque instant, il néglige de nous apprendre ce qui détermine en réalité leur progression , quelle liaison existe encore ici entre les différentes parties de la surface sphérique d’une même onde et entre Fonde et la vibration. Il nous laisse à découvrir comment les choses doivent se passer, maintenant que la source primaire émet Fonde, ou plutôt transmet au milieu la cause qui lui donne naissance, en une fraction de temps infiniment petite. Il ne se forme pas une idée nette de la nature et de la cause des ondulations qui s’avancent à la surface de l’eau. Il oublie que ces ondulations sont le résultat composé des vibrations courantes microscopiques de milliers et de milliers de molécules d’eau accumulées les unes sur les autres; vibrations qui sont excitées par un choc ou une impulsion mécanique, venue du dehors et souvent instantanée, nullement par Faction d’une source de vibrations fixes; tandis qu’ici, pour le son et la lumière, il s’agit d’une vibration courante moléculaire qui procède d’une pareille source, et qui, soit que cette source se meuve ou non, doit être transmise régulièrement dans son ensemble, avant que nous puissions parler de poussée d’onde ou de quelque chose d’analogue. Il ne nous dit pas, enfin, ce que nous avons à démêler avec cette poussée d’onde dans l’étude de la nature et des propriétés d’un pareil rayon lumineux ou sonore, non-seulement en ce qui concerne la perception, mais aussi par rapport à la foule des autres phénomènes.
8. Dans Fétat présent de la science, nous sommes autorisés à remonter jusqu'aux vibrations dès molécules du milieu, et à parler de la propagation, de ces vibrations, au lieu de nous absorber dans ce qu'il faut entendre par une poussée d'onde ou par une onde ainsi communiquée instantanément. Cet ébranlement successif du milieu vient-il à agir sur un corps matériel en mouvement, ou à s'y transmettre, c'est encore à la vibration que nous avons affaire en premier lieu. La théorie de Doppler devrait pouvoir se maintenir ici ; mais , tout d'abord , elle reste en défaut de prouver , par exemple, que, lorsque le corps se met en mouvement, la molécule du milieu située directement devant lui fait aussitôt place, avec la rapidité nécessaire, à la molécule suivante, de façon que celle-ci, juste au moment anticipé que la théorie exige , soit surprise par le corps en mouvement dans la phase suivante de vibration. Après cela seulement il serait permis de parler , pour le son par exemple , de l'effet mécanique que la combinaison des poussées d'onde de milliers de molécules, — combinaison analogue à ce qui a lieu dans les ondes liquides , — pourrait exercer sur un système limité et présentant les conditions voulues , pour y exciter des vibrations fixes déterminées.
9. Doppler traite d'abord le cas où l'observateur se meut dans la direction de la propagation des ondes et de leurs poussées, ou , plus exactement , dans la direction de la vibration courante ; et ensuite l'aiître cas, où la source primaire de vibration avance seule dans cette direction. Sa formule très simple est un peu différente pour chacun de ces deux cas, mais cette différence s'explique aisément. Elle provient de ce que dans le premier cas , — en nous bornant , pour plus de simplicité , au rapprochement mutuel de la source vibratoire et de l'observateur, — l'observateur marche d'une manière continue à la rencontre de la vibration ou de la poussée d'onde développée par la source, et que par conséquent il la recueille dans un temps dont la durée est diminuée dans le même rapport qu'est diminuée, par le déplacement de l'observateur, la longueur d'une vibration entièrement déroulée ou, pour parler comme Doppler, la distance entre deux poussées d'onde;
Archives Néerlandaises, T. IX. 4