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BAR

P. A. BERGSMA.

En discutant les observations horaires de la température de l’air faites à l’Observatoire de Batavia pendant les dix années de 1866 à 1875, j’ai pensé qu’il ne serait peut-être pas sans intérêt d’examiner si quelque variation dépendante des phases de la lune pouvait y être découverte.

Huit différentes phases de la lune ont été considérées à cet effet; dans les tableaux qu’on trouvera plus loin, elles sont désignées par les nombres (0), (1), (2), (3), (4), (5), (6) et (7) , les nombres (0) , (2) , (4) et (6) indiquant la nouvelle lune , le premier quartier, la pleine lune et le dernier quartier: les nombres (1), (3), (5) et (7) se rapportant aux phases intermédiaires.^

Les températures moyennes ont été calculées pour les jours de chacune de ces phases lunaires, en prenant pour jours d’une certaine phase non-seulement le jour où cette phase arrive , mais aussi ceux qui le précèdent et le suivent immédiatement. Les valeurs moyennes ainsi obtenues pour la température du jour aux différentes phases de la lune dans chacun des lustres 1866 — 1870 et 1871 — 1875, et dans la décade 1866 — 1875, sont données dans les colonnes 2, 3 et 4 du tableau I; les trois dernières colonnes verticales du tableau indiquent, pour chacune de ces périodes, les quantités dont les huit valeurs trouvées pour les différentes phases lunaires s’écartent de la moyenne de cette

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période. Les nombres de la dernière colonne semblent indiquer dans la température de l’air l’existence d’une très minime variation dépendante des phases de la lune , variation qui a pour effet de rendre la température moyenne diurne pendant une moitié de la lunaison un peu plus haute que pendant l’autre moitié. L’amplitude de cette variation n’atteint pas 0®,1 C.

Les températures plus élevées des jours voisins de la pleine lune peuvent être dues à la chaleur rayonnée par la face illuminée de la lune, face qui ces jours-là est tournée vers la terre. S’il en est réellement ainsi, la température moyenne des heures de la nuit doit montrer aux différentes phases de la lune une variation analogue, mais d’amplitude plus grande. En conséquence, on a calculé pour les huit phases lunaires la température moyenne des heures comprises entre 7 h. après midi et 5 h. avant midi. Le résultat est contenu dans le tableau II.

Il ressort de ce tableau que, si la température moyenne diurne est réellement un peu plus élevée vers l’époque de la pleine lune qu’aux autres phases , cela n’est pas dû à la chaleur émise par la lune.

Une autre cause de la température un peu plus élevée des jours voisins de la pleine lune peut consister en ce que, ces jours-là, le ciel serait plus serein que les autres jours, ainsi qu’on l’a parfois supposé. Si tel est effectivement le cas, la température moyenne des heures du jour devra exhiber une variation dépendante des phases de la lune, analogue à celle offerte par la température moyenne des vingt-quatre heures, mais d’une amplitude plus grande. Pour s’en assurer, on a calculé pour les huit phases de la lune la température moyenne des heures comprises entre 7 h. avant midi et 5 h. après midi. Les résultats de ce calcul sont consignés dans le tableau III.

Ce tableau fait voir que , si la température moyenne des vingtquatre heures est réellement un peu plus haute aux jours voisins de la pleine lune qu’aux jours des autres phases lunaires, il faut l’attribuer à ce que la température des heures du jour est , vers la première époque , un peu plus haute qu’aux autres ,

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et l’on peut supposer que cela résulte de ce que le ciel est plus serein pendant les jours rapprochés de la pleine lune que pendant les autres. Si cette supposition est conforme à la vérité , l’oscillation diurne moyenne de la température doit être plus grande lors de la pleine lune que dans les autres phases de cet astre. Pour contrôler cette déduction , on a calculé pour les huit différentes phases lunaires l’oscillation diurne moyenne de la température. Le tableau lY fait connaître les résultats de ce calcul.

On voit, par ce tableau, que l’oscillation diurne moyenne de la température est effectivement plus grande lors de la pleine lune que lors des autres phases.

Dans le tableau V ont été réunis les résultats des tableaux I — lY. Les nombres contenus dans ce tableau paraissent indiquer : 1° que la température moyenne des vingt-quatre heures , la température moyenne des heures du jour (7 h. avant midi à 5 h. après midi) et l’oscillation diurne moyenne de la température sont plus fortes pendant les phases lunaires (4) et (5), ou aux jours voisins de la pleine lune, que pendant les autres phases; 2“ que, au contraire, la température moyenne des heures de la nuit (7 h. après midi à 5 h. avant midi) est plus basse lors des phases (4) et (5), ou aux jours voisins de la pleine lune, que lors des autres phases lunaires; 3° que cette double variation de la température de l’air, dépendante des phases de la lune, laquelle variation doit être regardée comme un phénomène unique, ne peut être un effet direct de la chaleur rayonnée vers la terre par la surface de la lune , mais qu’elle est très probablement un résultat secondaire produit par une variation dans la clarté du ciel, variation dépendante des phases lunaires.

Ne pouvant me livrer à une discussion historique complète de la question, je m’abstiens de toute considération de ce genre et me borne à donner le simple résultat qui se déduit des observations horaires de la température de l’air faites à Batavia durant la décade 1866 — 1875; ce résultat, toutefois, a encore besoin d’être confirmé par une autre série de dix années d’observation.

Température moyenne des vingt-quatre heures pour huit différentes phases de la lune.

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