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Maurkîe était un parfait cavalier et amateur passionné de chevaux. 11 voulait connaître à fond Fart de monter à cheval, mais ne parvenait pas à comprendre Faction des divers systèmes de freins et des diverses parties de la bride. Stevix la lui exposa et écrivit pour Maurice un traité particulier „van den Toomprangh'', où il développait d'une manière facile à comprendre comment les diverses parties de la bride et les diverses façons de la tenir déterminent ce que Stevin appelait la „cruauté'' (wreedheid) de la bride. C'est ainsi que Maurice en vint à apprécier l'utilité des sciences mathémathiques et mécaniques et à apprécier son précepteur lui-même, car ce qu'il voulait apprendre ne devait pas seulement être susceptible d'application, mais devait aussi être exposé d'une façon concise et nette. Maurice en effet n'avait pas beaucoup de temps à sa disposition. Deux ans après qu'il eut, vers Tâge de quinze ans, commencé ses études, il fut mis, comme stadhouder, à la tête de l'armée et les plus lourdes charges de la direction de Tétat lui incombèrent. Or, les écrits de Stevin excellent par la concision du style, par leur clarté et leur précision. Ce premier ingénieur militaire de mérite, futur fondateur de la première école d'ingénieurs dans notre pays, était ennemi de la prolixité et de la gravité académiques, telles qu'elles étaient en honneur dans les académies de parade méridionales du temps de Galilée. 11 ne trouvait rien d'inconvenant à glisser une pointe d'esprit ou un jeu de mot dans une démonstration mathématique. Ainsi, par exemple, quand il calcule la force à exercer par un piquier, pendant la marche, pour tenir sa lance dans la position convenable. Il trouve 5 livres; mais, dit-il, si l'homme était un maraudeur („snaphaan" = attrape coq) tenant au bout de sa lance un coq attrapé^ („gesnapte haan*'), il en serait autrement, et le poulet de 3 livres ferait monter ù 15 livres la force nécessaire Maurice, dont les armées exécntaient des mouvements si rapides qu'il était difficile de les approvisionner, n'y aura probablement pas vu grand mal quand un de ses hommes s'emparait d'un poulet, Toccasion s'en présentant; mais, après l'avertissement de Stevin, il n'aura certainement pas toléré que l'homme, pour faire parade, portât sa proie d'une manière qui devait fatiguer inutilement le bras, dont il devait manier l'instant d'après la lance dans le combat.
Dans toutes ses campagnes le Prince Maurice emportait avec lui les traités manuscrits de Stevin sur presque tous les sujets concernant l'art de régner, — e. a. aussi celui sur les usages diplomatiques — , et
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c'est, comme dit Stevin, le dtmc^er de les perdre, qui le décida à les faire imprimer. Ce n'est que par hasard , à un eudroit de sa géographie, que nous trouvons que Stevin lui-même, avant d'être quartier-maître général, prit part aux campagnes ; il y parle de couches d'argile pétrifiée qu'il rapporte avoir rencontrées lors du creusement des tranchées devant Hulst et Grol '). Hulst appartient à la brillante campagne de 15iJl, où Maurice, après avoir pris en 14 jours les deux places fortes Zutphen et De venter, se trouva déjà, au commencement de juillet, avec son armée au nord de notre pays, et s'empara le 2 juillet de Delfzijl et puis des retranchements ennemis dans les Groninger Ommelanden; et dans laquelle, ayant appris, au moment de mettre le siège devant Steenwijk, que le Prince de Parme venait de franchir le Waal prèsdeNimègue et assiégeait le fort Knotsenburg, il se dirigea en toute hâte vers le sud et battit la cavalerie espagnole, qui pillait la Betuwe, d'une façon si complète, qu'avant la fin de juillet Parme brûla son camp devant Knotsenburg et repassa vivement le Waal, non sans danger pour ses troupes. Sept semaines plus tard nous trouvons Maurice sur les bords de TEscant, et le 21 septembre il s'empare de la place importante de Hulst, après quoi le Prince, revenu à Niinègue, conclut sa campagne par la prise de cette forteresse. Grol faisait partie de la campagne non moins renommée de 1597, lorsque le Prince Maurice s'empara en trois mois de neuf villes fortifiées et de cinq chuteaux-forts, et traversa sept fois une rivière. Des mouvements aussi rapides, des attaques aussi vigoureuses, qui constituaient le caractère particulier des opérations militaires de Maurice, posaient évidemment de rudes exigences, non seulement à la discipline de ses troupes, mais encore et surtout aux moyens techniques de trans- ])ort et d'entretien de son armée. Simon Stevin en était TA me, et cà et 1î\ on découvre les signes certains de son concours efficace. Maurick, qui fut avec son neveu et beau-frère Guillaume Louis, stadhouder de la Frise, le réformateur de l'art militaire, dont Tarmée attirait des officiers
*) Voir le 2« Bouck des Eertclootschrifts^ van U Stofroersel drs Eerlclootsy pp. 01 et 62. Le Jouinal de Bekckman, p. 224 verso, nous fournit une troisième donnée. Beeckman a extrait du „Crychskonst" de Stevin Tordre de bataille de la cavalerie devant Rees au 26 septembre 1614, représentant la position des divers régiments avec les noms des commandants. Le siège et la pnsc de Rees constituent une épisode de la guerre entre Clèves et Juliers, à laquelle les Provinces-Unies participèrent par l'envoi, à l'appui de Clèves, d'un corps d'armée commandé par le Prince Malrue.
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(le tous les pays, désireux de se perfectionner dans le métier des armes, avait su imposer entre autres à ses soldats Tobligation d'effectuer. euxmêmes, une fois arrives devant une place à assiéger, les travaux de terrassement pour les tranchées et les batteries, et en premier lieu celui de creuser la première ligne de retranchements, nécessaire pour protéger Tarmée contre l'attaque d'un ennemi accourant au secours de la place menacée. Autrefois ce travail, considéré comme trop vil pour celui qui portait les armes, devait être fait par des paysans engagés ou réquisitionnés dans ce but; parfois même il était confié à des entrepreneurs. On conçoit facilement combien la mesure de Maukick faisait gagner de temps, et combien de revers imprévus et irréparables elle évitait. Le travail pouvait commencer dès qu'on était arrivé devant la place, pourvu qu'on eût apporté les outils nécessaires. Simon Stevin y pourvut en composant un instrument qui pouvait servir à la fois comme bêche pour une terre molle, comme houe pour une terre dure et comme cognée pour abattre des arbres ou couper leurs racines: c'était une lame de bêche, qui pouvait être fixée sur la tête carrée en fer du manche, ou y pouvait être assujettie de coté; ce qui faisait que, suivant la position de la lame, loutil pouvait servir comme bêche, comme houe, ou comme cognée. Stevix a donné à son outil le nom de ,,spahijlhou\ mettant ainsi en pratique sa thèse, que la langue néerlandaise est surtout excellente parce que plus qu'une autre elle contient des mots monosyllabiques, capables de former des mots composés par une combinaison suivant des règles fixes. Dans sou patriotisme ardent il n'était pas seulement un défenseur éloquent de la pureté de sa langue maternelle, mais il donnait aussi lui-inême l'exemple. Dans aucun de ses écrits, remplis pourtant de termes techniques, on ne rencontre un seul mot emprunté à des langues étrangères '). Il écrivit une dissertation pour
') Certaines de ses expressions prouvent que son esprit mathématique faisait des distinctions perdues depuis.
C'est ainsi, par exemple, que selon lui on peut parler d'équilibre („evenwicbt*') de deux poids, suspendus aux extrémités d'une balance à bras égaux, parce que les poids sont réellement égaux. Mais il n'en est pas de même de deux poids inégaux, suspendus aux extrémités d'une balance dont les bras n'ont pas la même longueur; ceux-là sont en „evi'nstaltwicht'\ parce que l'état de repos résulte du y,gestaU'\ c. à. d. de la faç^n dont les poids agissent sur le système. Pour Stevin „staltwicht" était donc dans ce cas ce que nous appelons actuellement le moment du poids, en général la force avec laquelle un corps pesant contribue au mouvement du système. C'est ainsi aussi que le „staltwicht" d'un
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prouver que le hollandais l'emporte dans l'usage sur toutes les autres langues, et il prétendit avoir sur Archimède Tavantage de pouvoir s'exprimer en hollandais, tandis qu'AncHiMÈDE devait se contenter du grec. Dans son zèle pour Tavancement du hollandais il trouvait d'ailleurs un allié dans son ami et admirateur Hugo ue Gkoot.
Parmi nos compatriotes Simon Stevix est surtout et même presque exclusivement connu par son chariot à voiles. Pour ceux qui savent un peu plus de lui, l'expérience mémorable qu'il fit en franchissant en deux heures, avec 28 personnes, la distance de Scheveningen à Petten, une distance de 14 lieues, est en effet un événement qui symbolise en quelque sorte ses mérites tout particuliers. Dans le véhicule que son génie mécanique avait imaginé, le Prince Maurice était assis avec lui au gouvernail. Parmi cette société distinguée, dont Hugo de G root fit partie, nous trouvons: le frère du roi de Danemarck, l'ambassadeur de France et d'autres étrangers de nom, entre autres Mendo/a, l' Amirauté d'Aragon, qui avait commandé récemment la première ligne de l'armée espagnole à Nieuport, et se trouvait retenu à la Haye comme prisonnier de la bataille qui venait de couronner la série des victoires de l'élève de Stevin.
Si de nos jours on découvrait quelque part, dans un coin perdu de quelque bibliothèque, un travail encore ignoré de Galilée, tout le monde savant en exigerait à coup sûr la publication. Pourquoi alors nous, hollandais, hésiterions-nous, quand on vient de découvrir dans le Journal de Beeckman un écrit de Simon Stévin, qui, — si l'on juge les mérites non d'après la renommée publique, mais d'après les progrès réels accomplis par leurs ouvrages — , doit certainement être placé bien au-dessus de Galilée.
Le Président remercie les orateurs pour leurs explications et propose, au nom des Directeurs, que la décision soit conforme à l'avis de la Commission; cette proposition est adoptée à Tunanimité.
Puis, M. le Prof. J. C. Kapteyn fait une conférence sur les courants dans le système stdlaire. Cette conférence, illustrée par des figures, est reproduite en entier à la suite de ce programme. ')
corps placé sur un plan incliné était égal au poids multiplié par le rapport entre la hauteur et la longueur du plan.
*) Voir l'article qui fait suite à ce programme.
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Enfiu quelques nouveaux sujets de concours sont proposés et on nomme comme membres nationaux MM. les Proff. D^ J. C. Kluyvkr à Leyden et D^ J. Cardinaal à Delft, et comme membre étranger M. le Prof. Mac Dougall à New York.