II
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inspirent la mollesse et qui énervent l'àme et
le corps.
Je prie instanimen l meï» lecteurs de croire que
je n'avais jan.ais permis à aucune pensée qui ne fût chaste, de prendre possession de mon esprit. Pour mettre les choses au pire, je n'avais spéculé que sur un avenir incertain ; et ce n'était qu'en casuiste que j'avais fait quelques pas dans les récrions du crime. J'avais conclu avec mon àme un traité solennel de ne jamais placer sous les yeux d"Honoria la manière dont j'envisageais noire silual'ion, avant qu'elle eut atteint sa vingt et unième année.
Ce que je craignais dans ces vastes solitudes en m'y trouvant seul avec Honoria, c'élait d'être tenté d'argumenter avec elle, de commencer une discussion inutile et prématurée, de coramettre la faute de creuser une mine sous son jugement, quand elle était encore à un âge si peu avancé. Dans notre habitation, nous avions nos travaux et nos amusements; Jugurtha était toujours près de nous, et avec ses manières burlesques, il était impossible d'être long-temps sérieux avec lui.
Fnfin , la plénitude même de mon bonheur
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me plongea dans une agitation inquiète; j^étais dans un état de félicité, je désirais le peipétuer, et je crus que j'y réussirais en y renonçant encore momentanément. Je résolus de faire une nouvelle excursion, et sur un plan plus étendu. La rivière que j'avais suivie jusqu'à la mer coulait directement vers le sud; comme toutes les autres, elle avait des coudes et des sinuosités; mais si Ton avait tiré une ligne depuis notre habitation jusqu'à l'embouchure, je crois qu'elle aurait, autant que possible , suivi une direction plein sud.
Précisément en face de notre habitation , on voyait dans l'éloignement une chaîne de montagnes assez élevées se prolongeant de Test à l'ouest; et directement devant nous, une large ouverture entre ces montagnes offrait une vue qui ne se terminait qu'à l'horizon. J'en conclus que si quelque rivière un peu considérable coulait vers l'ouest, elle devait nécessairement suivre ce chemin , et je résolus de faire une reconnaissance de ce côté.
J'annonçai mon projet, et il s'ensuivit une autre scène de chagrin. Pour cette fois, je fixai mon absence à une semaine, et par con-
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séquent je me chargeai d'une plus grande qiianliréde provisions sèches. Comme je devais marcher à l'ouest , et que j'avais pour guide le firmament qui me couvrait, je ne doutai guère que je ne pusse avancer en droite ligne, en observant la direction de la lumière. Car même quand le ciel était couvert, je pouvais voir quel colé des nuages était le plus éclairé. D'ailleurs, j'avais appris à connaître d'autres indices. Une petite fleur bleue, qu'on voyait assez communément dans les grandes herbes, penchait toujours ses jolies pétales exactement au sud-ouest, et l'écorce d'un petit arbuste offrait invariablement une ligne blanche du côté du sud; enfin j'étais devenu jusqu'à un certain point un homme des bois.
Je partis de bonne heure dans la matinée, et pour cette fois, je n'emmenai pas Bounder. Je ne voulus permettre ni h Honoria, ni à Jucrurtha de m'accompagner une partie du chemin. Armé et équipé comme auparavant, et marchant, autant qu'il m'était possible, en droite ligne, je traversai des savanes, je gravis de petites montagnes , m'embourbant dans des marécages, et je me frayai un chemin à travers
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d'épais buissons. A la chute du jour, j'avais fait environ vingt nulles, et j'é.ais arrivé aux pieds de la région monlagneuse.
Ayant fait choix d'un vieux et grand arbre très respectable, dont les branches s'étendaient comme des rayons partant d'un même centre, j'y montai, et je m'y établis pour y passer la' nuit. La marche m'avait fatigué, j'avais soupe de bon appétit, et je dormis profondément.
En montant les hauteurs, le lendemain matin, je trouvai le pays beaucoup plus découvert. Enfin j'atteignis, par une montée graduelle, le sommet des montagnes, et je découvris bientôt plusieurs ruisseaux plus ou moins considérables, qui coulaient tous vers l'ouest. Après avoir traversé la chaîne de montagnes, j'entrai dans une vaste plaine couverte de' grands arbres, et qui se terminait à l'ouest par une forêt. A mesure que j^avançais, les arbres étaient plus rapprochés les uns des autres, et l'intervalle qui les séparait était rempli de broussailles.
J'avais si souvent parcouru cette contrée dans tous les sens, sans avoir découvert aucunes traces d'êtres humains, que je ne songeais
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plus à en chercher, étant bien convaincu que mes compagnons et moi nous étions les seuls habitants de ce pays. Tandis que je traversais ainsi les broussailles sans y faire aucune attention, je tressaillis de surprise, et je ne puis dire de satisfaction , en voyant quelques petites branches d'un arbrisseau cassées à environ cinq pieds de terre; quelques unes étaient jetées par terre; les autres n'étaient qu'à demi rompues, et penchaient vers la terre sans être séparées du tronc.
Je n'avais encore rencontré aucun animal d'assez grande taille pour avoir pu briser ces branches d'arbres; mais ce n'était pas une preuve qu'il n'en existait pas. Tout en réfléchissant sur cet incident, je bandai mon arc| je préparai mes flèches, je tins en avant ma javeline armée d'une pointe faite d'une coquille, et j'avançai avec plus de précaution. Mes doutes si j'étais dans le voisinage des hommes ou de quelques animaux sauvages ne tardèrent pas à se dissiper, car avant que j'eusse fait cinq cents pas, je trouvai une ruche d'abeilles sauvages dont le miel avait été pillé.
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La vision splendide de mon empire futur disparut tout-à-coup à la vue du tronc creux d un vieii arbre qui avait été abattu à l'aide du feu pour pouvoir prendre le miel qui s'y trouvait. Je ne saurais réellement dire si , en ce moment,jefus charmé oufàché decette découverte.
Suivant l'usage de l'homme , je me mis surle-champ à réfléchir. Après tout, ces branches cassées , cet arbre brûlé et abattu , ce miel pillé, pouvaient être le fait de quelques sauvages venus d'une île voisine, et qui étaient repartis après une courte incursion. Ce pouvaient être des intrus, et non des habitants du pays; et , dans ce cas, j'en avais encore la souveraineté. Plus j'avançais, plus je me confirmais dans cette opinion ; car je ne trouvais aucune trace qui annonçât la présence d'autres êtres que de petits animaux sauvages. Nul doute qu'un Indien expérimenté n'en eût découvert, mais, quant à moi, je n'apercevais aucun vestige du pied de l'homme, aucune marque de son existence dans ce pays.
Comme la nuit approchait, il ne me restait qu'à chercher un gîte et à compter sur la na.
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ture pour me procurer un hôtel. Je ne me souciais pas infiniment du lit qu'elle m'avait donné la nuit précédente. Il était certainement placé dans une situation commode , sûre et bien aérée . mais le plancher était terriblement iné^aî^ et, quoique j'eusse fort bien dormi, je m'étais éveillé le lendemain avec des douleurs dans tous les membres. Je résolus donc de chercher une couche d'où je n'eusse pas à craindre de tomber, si j'avais le sommeil agité, et que je m'avisasse de vouloir me retourner dans mon lit. Je n'eus pas à chercher bien loin. Une masse de débris de rochers m'offrit une plate-forme unie sur laquelle j'étendis mon manteau. Après avoir soupe de bon cœur et avoir fait une prière pour la sûreté de ceux que j'avais quittés la veille j je m'étendis sur le dos, je croisai mes bras sur ma poitrine, je fermai les yeux , et j'atlendis patiemment le grand consolateur, — le sommeil.
Il vint, mais il ne resta pas. Après m'avoir dit à i'ureille quelques choses légères et agréables, et m'avoir montré dans son miroir ^couvert du brouillard des songes, des images gracieiises et fantastiques, il m'abandonna et me
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laissa sentir l'air froid delà nuit, et la rosée qui me tombait sur le front.
Comme j'avais dessein de faire une longue course le lendemain, j'appelai le sommeil avec autant d'empressement qu'il mettait de perversité à rejeter mes prières. J'essa} ai successivement plusieurs expédients fort simples dont j'avais entendu parler ; mais aucun ne me réussit. Enfin je pris le parti de me donner une tache fatigante, celle d'essayer de compter les myriades d'étoiles qui brillaient sur ma léte avec tant d'éclat, et, à ce qui me semblait, de bienveillance. Mais^ à mesure que l'azur du firmament devenait plus foncé, de nouveaux étrangers s'y montraient en petits points glorieux, et dérangeaient à chaque instant tous mes calculs.Cette arrivée subite à un état d'existence lumineuse s'accordait si bien avec mes idées de mouvement , que je commençai à être surpris que les astres plus grands et plus brillanis n'exerçassent pas le même privilège. Bientôt après, ce qu'il me semblait qu'ils avaient le droit de faire, il me parut qu'ils le faisaient, à moins que je ne rêvasse.
Pour m'a.ssurer de la réalité de l'une ou
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l'autre de ces hypothèses , je me mis sur mon séant, et je regardai autour de moi. Là, il ne pouvait y avoir d'illusion. Je voyais , quoique obscurément, le bananier qui, peu d'insrants auparavant, m'avait fourni des fruits pour mon souper. Le monde inférieur était immobile , fixe dans sa réalité couverte du voile de la nuit; les arbres, les percées, les contours des montagnes ne changeaient point de position ; mais au-dessus de ma tête, il y avait dans les cieux un mouvement plein d'harmonie. L'àme exaltée, le. corps épuisé de fatigue, je me recouchai sur le dos , les yeux fixés sur la marche lente du labyrinthe des sphères célestes.
Une musique d'un ton grave, bas, mais sonore , semblable aux mugissements lointains de la mer agitée qui se calme, se fit entendre à mes oreilles avec les voix d'innombrables harmonies. Ceci , me dis-je, n*est que l'œuvre mystique d'une superstition surannée qui se joue de mon imagination, tandis qu'elle n'est ni complètement endormie, ni tout -à- fait éveillée. Je vois, mais je ne crois pas ce que je vois; j'entends, mais je n'admets pas l'existence
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des sons que j'entends : tout cela n'est qu'une illusion. — Mais , continuai-je quand l'hymne céleste se fît entendre plus distinctement , si ce n'est pas un songe que je fais, que j'entende les paroles, et j'aurai foi à ce que j'entendrai. — Je ne suis pas poëte, — je n'ai jamais pu faire un seul vers de ma vie; — ce qui se passe audessus de moi est terriblement imposant, mais ce n'est qu'une illusion.
A peine avais-je fait ces réflexions mentales, qîie la symphonie de ce grand chœur se fît entendre plus glorieusement que jamais. Mais ce n'était plus un torrent d'harmonie indistincte; les paroles s'y joignaient, et l'arliculation de chaque mot était parfaite. Jamais je n'avais conçu jusqu'alors la sublimité du langage humain. L'hymne de triomphe des astres ne s'effacera jamais de ma mémoire. Je n'en ferai pas un sujet de profanation pour Timpie. Jusqu'à ce que l'œil mental soit dégagé du brouillard de péché qui le couvre, on ne peut comprendre ce qu'il serait aisé de tourner en dérision. Les saintes paroles de la divinité ontelles échappé à cette profanation ?
Quand les astres eurent fini leur hymne, —
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et je m'étais joint à leurs chants sans m'en apercv^voir, — une mesure knte et lugubre sembla remplir l'univers et dire : Nous passerons, — notre lumière s'éteindra, — nous serons oubliés; — mais les enfants des hommes, les héi iliers de Dieu, vivront dans un bonheur qui durera à jamais. Que l'homme se réjouisse, car pour lui il n'y a point de mort.
Tel élait le sens de ce vale profondément retentissant. Mais je n'en donnerai ni les paroles ni le mètre, quoiqu'ils soient ineffaçablement gravés dans ma mémoire.
11 y eut ensuite un certain temps de profond silence dans le ciel et sur la terre. Un grand nombre d'astres étaient groupés au centre du dôme qui me couvrait ; tout-à-coup ils furent dispersés comme des diamants jetés d'un boisseau, l'azur du firniament se fendit, et offrit à mes yeux les cours des anges. Il y avait des torrents de lumière, mais elle était douce; et quoique aussi brillante que pure, elle n'éblouissait point et n'obligeait pas à baisser les paupières. Tandis que je regardais fixement ce prodige de magnificence, je vis trois trônes, i'un à droite, l'autre à gauche, mais tous deux
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pins bas que celui qui était au centre. Je connus sur-le-champ ce qu'étaient ces îrones. — A gauche était le trône de la Bienfaisance, — à droite celui de la Merci; -celui du centre, qui était le trône de la Justice, était terrible à regarder, à cause des éclairs qui partaient de derrière le trône qui le couvrait.
Personne n'était assis sur ces trônes, et les anges de connaissances ou d'amour ne se vojaienr pas dans celte cour vaste et spiendide. Mon cœur tressaillait de désir d'aller me jeter aux pieds du trône de la Bienfaisance, et d'y solliciter laccomplissement des désirs de mon cœur. Mais je savais que je ne pouvais emprunter les ailes d^un séraphin et mxMever jusqu'à la présence invisible pour me prosterner et adorer; et frappé d'immobilité, je ne pouvais que pleurer. Au milieu de mes pleurs, je vis une femme près de moi, et elle me dit d'une voix douce: Ardent, levez-vous! — Est-ce Honoria? demandai-je. — Regardez et voyez! répondit la voix douce. Et ce n'était pas Honoria qui était près de moi; c'était dona îsidora.
Quand je l'eus regardée quelques instants,
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je m'aperçus qu elle était d'une beauté ravissante, et le lustre de ses yeux pleins de douceur répandait sur moi des flots de compassion et d'amour. Je ne pouvais concevoir que je l'eusse vue si souvent sans m'être jamais aperçu que cette femme aimable me semblait avoir été créée de toute éternité pour être ma compagne, quand le repentir et le pardon auraient effacé toutes mes fautes.
— D'où venez-vous, Isidora ? Dites-moi, ô toute belle, suis-je le jouet de mes sens, ou êtes-vous réellement et en vérité près de moi?
— J'y suis.
— Mais d'où venez-vous ?
— D'un vaisseau jouet des vents et des vagues. Je ne suis avec vous qu'en esprit. Mon corps mortel ne s'est pas aperçu de mon départ, et il est plongé dans la léthargie tranquille de l'oubli. — Il n'est pas ce que vous me voyez. Les souffrances l'ont changé.
— Fort bien, fort bien ; mais qu'est devenu mon père? qu'est devenue ma mère?
— Silence! Je ne puis que remplir ma mission; je suis ici pour vous conduire au pied du trône éternel. Levez-vous, et venez.
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— Je voudrais que vous fussiez Hoiioria ; nous pourrions plaider ensemble sa cause.
— Dites la vôtre, — Mais suivez-moi.
— Vous amusez-vous à mes dépens, Isidora? Je ne puis même soulever mon bras droit, tant il est affaibli. Mon corps est comme une masse d'argile attachée à la terre.
— Quittez-le.
— Mais comment le quitter, angélique Isidora ?
— Il ne faut que le vouloir, et avoir de la foi. — Je n'ai pas d'ailes, et pourtant vous voyez comme je m'élève. De quoi la foi n'estelle pas capable?
Comment décrire le sentiment inexplicable que j'éprouvai, à l'instant où je me délivrai de mon habitation mortelle? Je ne perdis pas un nerf, pas une sensation. Tout mon être semblait parfait pour un but plus élevé, quoique de la même nature. J'étais debout sur la poitrine de ce qui n'était plus que ma froide argile, et je la contemplais des mêmes yeux qu'un sculpteur regarde le marbre ciselé, ouvrage de ses propres mains.
— Vous croyez que votre tabernacle ou
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autel est quelque chose qui mérite l'admiration ? me dit la voix douce de ma compagne. Franchement, je ne puis le nier : la vanité est fille de la terre.
Si vous pouviez seulement, Ardent, vous voir comme je vous vois !
— L'état présent de mon existence est un état si heureux, que je voudrais qu'il durât toujours; et pourtant j'ai un si fort attachement pour cette masse insensible qui est sous mes pieds, que je pleurerais, si je la voyais tomber en pourriture et se réduire en poussière ! ,
Vous ne la quitterez pas avant bien des années; mais abandonnez-la pour quelques instants et suivez-moi.
r,.béis, et je parcourus en un instant un espace presque sans bornes. Il me semblait que j'entendais le bruit d'un nombre immense d'ailes, et la marche solennelle d'armées innombrables; mais je ne vis ni anges, ni princes célestes, ni puissances, ni dominations. Mon cœur et mes veines semblaient aussi remplis de sang que lorsque je rampais sur la surface de la terre ; et cependant ce sang se glaça
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tout-à-conp quand je traversai ces cours inilïiorlelles : j'y passai pourtant rapidement^ et j'allai m'agenouiller devant le trône de la Bienfaisance j en ce moment Isidora me regarda avec un air d'affection mêlé de doute et de crainte.
Je demandai en tremblant ce que je pouvais désirer sans crime.
Je frémis quand j'eus fini cette prière impie. Quand je tournai la tête vers ma compagne, je vis ses beaux traits empreints de consternation et baignés de larmes. Ses yeux m'adressèrent un reproche qui remplit mon âme d'amertume. Mais j'eus à peine un instant pour contempler son affliction. Ne sachant si ma demande impie m'était accordée , je me sentis forcé d'avancer vers le trône de la Justice^ et alors commencèrent les misères de ma vision. Tout ce qu'il y avait de plus horrible à voir et à entendre m'assaillit à la fois. Des langues de feu vivant s'élançaient contre moi , sans aucune main qui les dirigeât, et brûlaient dans mon cerveau Thorrible pensée d'un... Non, je n'écrirai pas ce mot. Mon nouveau corps, mille milliers de fois plus susceptible que celui