‹ ArgentineChapitre 16 sur 50 · FL0R · texte numérisé non relu

FL0R

C'est que votre montre avance , monseigneur.

LE COMTE

Toujours de l'esprit , méchante ; c'est comme moi, je ne peux pas m'en corriger... Te voilà donc revenue de Versailles... Sais-lu que tu y \as bien souvent , à Versailles?

FLORA , à (jarl.

Ah 1 mon Dieu ! est-ce qu'il aurait des soupçons.

Je comprends, séduisante fleuriste, que tu te dois a la toilette de ces dames.

FLOR.\ , à part.

Il ignore tout.

LE C0.MTE.

Mais que veux-tu ? l'amour est jaloux.

FLORA

Et vous êtes l'Amour?

LE COMTE

Je me le suis laissé dire toute ma vie... (Il se mire.) Certainement, je ne crains pas la comparaison avec aucun de ces jolis muguets de Versailles. A propos , ma céleste , je suis déjà venu ce matin.

FLOUA.

Bah!

LE COMTE

Avec ma femme, avec ma tendre moitié... Hein! est-ce roué, est-ce régence? (Il se mire.) FLOUA , avec un sérieux comique.

Vous êtes un grand scélérat.

LE COMTE

Une femme qui a des yeux de lynx , et des nerfs de panthère... C'était danser sur un volcan... mais que veux-tu , je suis infernal !

FLORA

Aussi toutes les femmes vous adorent !

Allons, ne sois pas jalouse... je n'aime que toi , poulette.

FLORA

Oh! je vous aime bien aussi , moi.

LE COMTE

Eh! allons donc... ne soyons pas timide.

FLORA

Je vous aime comme un père.

LE COMTE

Hein?

i.-âèa

FLORA

N'est-ce pas à vous que je dois ma position , la vogue de mon magasin? iN'est-ce pas par votre crédit que je vais être nommée fleuriste de la cour, et cela sans arriére-pensée, sans la moindre petite idée, n'est-ce pas?

LE COMTE

Tu caches ton jeu.

FLORA

Je ne cache rien du tout.

Je te dis que tu le caches... (Il se mire.) car plus je me regarde , et plus je trouve que je suis toujours un des plus beaux cavaliers de l'armée. FLORA , à part.

Un des plus gros.

LE COMTE , il marche.

On dit même qu'avec cette tournure, cette noble démarche, je ressemble au roi.

FLORA , à pan.

Comme c'est flatteur pour sa majesté !

LE COMTE

Je le le répèle , chère amie, je ne respire plus que pour toi.

FLORA

Mais votre femme, monseigneur?

LE COMTE

AiB : de la Somnambule.

Eh quoi! toujours me parler de ma femme! Ma chère enfanl, chaque chose a son tour; Pendant trente ans elle a connu ma flamme , J'étais pour elle un soleil plein d'amour ! Assez long-temps Je fus , dans ma carrière , Pour mon épouse un astre sans pareil ; A loi mes feux et mon ardeur dernière...

FLORA , à part.

Je n'aime pas le coucher du soleil.

LE COMTE

Sauvage enchanteresse... joueras-tu encore lindifférence , quand je t'aurai montré cette preuve éblouissante de mon amour? (Il a lire un écrin et l'a ouvert.)

Des diamans ! (Elle prend et regarde les diamans avec une joie enfantine.) Comme c'est brillant! quels feux jettent ces belles pierreries... Dieu! comme en doit être jolie avec ça.

LE COMTE

Eh bien! qu'as-tu donc?

FLORA

Rien , rien , monseigneur. {Ses yeux restent attachés sur l'écrin.)

LE COMTE, d'une voix insinuante.

C'est un riche écrin, n'est-ce pas.... Je te le donne.

FLORA

A moi?

LE COMTE

Je le le donne... pour rien.

FLOKA.

C'est trop cher... je n'en >eux [)<t>. (Elle referme l'écrin.) Reprenez cel écrin.... .Mais rcpvene/.-le donc , je vous en prie !

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