L.\ COMTESSE
Insolente!
LE COMTE, passant près de «a femme.
Clorinde, la jalousie vous fait dire des choses plus que ridicules..
hX CO.MTESSE, bas à son mari.
Vojez, monsieur le comte, vos équipées m'exposent a rougir devant une obscure ouvrière!.. Vous ne vous souvenez pas assez qu'il dépeiul de moi de détruire d'un seul mot votre crédit et votre fortune , et de vous réduire au mince équipage d'un cadet de famille... prenez garde!
LE COMTE, à part.
Diable! diable!.. (Haut.) Mais, chère comtesse... chère comtesse , n'ètes-vous pas un peu responsable des toiisque vous m'imputez?... n'est-ce pas pour satisfiiire aux exigences de votre coquetterie, que je voltige dans tous les magasins à la mode ?... est-ce ma faute a moi si toutes ces petites filles ne sont pas insensibles à mes charmes et viennent se jeter à ma tète?
FLORA, bas, au comte.
Ah! ça mais, qu'est-ce que vous dites donc la?
LE CO.MTE, bas, à Flora.
C'est pour rire.
LA COMTESSE
Quoiqu'il en soit, iiion-ieur le comte, je vous détends a l'avenir de jamais regarder une femme en ma présence.
LE CO.MTE.
-Mai>; , chère amie, j'ai des yeux.
LA COMI ESSE, avec colère.
Je vous les arracherai, monsieur le comte.
LE COMTE
C'est plutôt a cette petite qu'il faudrait les arracher.
FLORA
.\ moi ?
LE COMTE, à Flora.
Ce serait grand dommage sans doute, ils sont si j)iquans! si malins!...
LA COMTESSE
Encore !...
LE CO.MTE, embarrassé entre la crainte de sa femme et son amour pour Flora.
Mais aussi vous en faites , ma chère, un étran-e abus. (Il la regarde en lui faisant des signes.)
FLORA, à part.
Qu'est-ce que vous dites donc?
LE CO.MTE, bas, à Flora.
C'est toujours pour rire. (Haut.) Et, foi de gentilhomme, il faudrait être plus qu'un ange pour résister aux agaceries étudiées de cette provoquante syrène.
FLORA, à pan. «
Ah! c'est trop fort. (Haut.) Monsieur le comtç a raison, madame, vous n'avez pas le moindre reproche à lui faire.
LE COMTE, bas, à Flora.
Merci , bel amour, merci !
FLORA, bas, au comte.
Ne me remerciez pas encore... (Elle prend le carton dans lequel elle a glissé l'écrin et le présente à la comtesse.) Regardez, madame la comtesse, dans ce carton que votre noble époux allait faire porter à votre hôtel ; vous y verrez que les merveilles de mon magasin n'étaient pas le seul présent que vous destinait sa tendresse.
LA comtesse", prenant l'écrin dans le carton. En croirai-je mes yeux ? un écrin ! des diamans !
le comte, à part.
Oh: la petite masque!
FLORA, bas, au comle.
C'est toujours pour rire.
LA C0.MTESSE.
Pour moi ce riche écrin ! (Passant prés du comte.) 0 mon Oscar... embrassez votre Clorinde !... (Elle l'embrasse et passe à gauche.)
LE COMTE
Certainement, certainement... je suis enchanté. (.\ part.) Que le diable l'emporte !
FLORA
Etes-vous heureux , monsieur le comte !
LE CO.MTE, à part.
Ah ! tu veux te jouer de moi !
FLORA
Eh bien ! vous ne me remerciez pas?
LE COMTE, à part.
Nous allons voir... (Haut.) Désolé de ne pouvoir répondre à un si aimable procédé... Belle et bonne Flora , pourquoi faut-il que pour tant de bonté, je n'aie a vous annoncer qu'on grand malheur...,