LES DEUX DA.MES
TJn malheur !
LE CO.MTE.
Eh! mon Dieu, oui... Aussi cruelle que jolie,. vous pouviez, grâce à l'indépendance que vous donne la vogue de votre^magasin, repousser, dédaigner les plus riches, les plus aimables seigneurs, même vous moquer d'eux, leur jouer les tours les pluspiquans... mais maintenant...
FLORA
Eh bien : quoi, maintenant ?
Malgré le crédit dont vous jouissez, malgré la protection de vos amis, l'intrigue a triomphé, et une autre a été nommée à votre place fleuriste de
la cour. (Il déohire le brevet de flouiiste qu'il a sorti «le sa poche , pendant que la comtesse regarde les diantans.)
FLORA
Ciel!
LA COMTESSE
Pauvre petite !
LE COMTE , pendant que sa femme regarde les
diamans.
Tiens, voilà ton brevet. (Il déchire le brevet.)
FLORA, bas, au comte.
Vous êtes un monstre!
LE COMTE, de même, à Flora.
C'est ce que toutes les femmes me disent.
(Il se mire.) FLORA, à part.
Me voilà bien, maintenant !... Si ma concurrente l'avait emporté , si je n'étais pas admise aux débuts, je serais ruinée, perdue à jamais... C'est beau la \ertu... mais c'est cher.
LE C0.\1TE, bas, à Flora.
Vous me rappellerez , belle indifférente.
FLORA, de même, au comte.
Jamais.
LE COMTE, de même.
Peut-être...
(Il fait ua mouvement pour sortir avec la comtesse ; — on entend du bruit au dehors.)