‹ ArianeChapitre 27 sur 60 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

NAKOS

C'est à Naxoi.

Dans une Hmaison énorme et extraordinaire de rosiers géants et de lauriersroses, il y a, à droite, le seuil d'un palais barbare, à gauche, la lisière d'une forêt très sombre; un ruisseau coule entre de hautes herbes.

Au fond, presque en face, la pente d'une pelouse fleurie, puis un haut -eliej de marbre, ceuvre d'art ingénue et rude, montre Cypris sur son char attelé de colombes; Eros, adolesunt viril, est accoudé prés d'elle à un très grand arc qui ployé; les trois Grâces, Aglaia, Pasithee, Euphrosine, sont étendues dans des nuées de marbre, vers les roues du char ; et, non loin d'elles, il y a un groupe de Jeux, de Désirs et de KympJxs. Des rosieis grimpants fornunt sur Us figures des entre-lacs de pourpre rose. — A gauche du haut relief, un chemin, qui, un instant, s'arrête en une asse^ large plate-forme, monte vers une colline invisible; à droite, entre le haut relief et le seuil du palais barbare, une étroite et lointaine vision de la mer et des roches marines. — A droite, au premier plan, un bloc de marbre fruste.

Le jour se lève.

Des serviteurs poussent les lourds vantaux de la porte du palais. Les vierges d'Athènes offrent des Aeurs aux figures sacrées des bas-reliefs. Des chasseurs, sur le seuil, fourbissent les flèches et éprouvent les arcs, puis, sous les lourds carquois, ils iront par groupes, vers la foret; venant du palais et venant de la colline, des lavandières se dirigent vers la mer.

L'attention doit être surtout attirée par Piriihoûs qui, sur la plate-forme, enseigne l'usage des armes et les jeux de la guerre aux sept jeunes garçons d'Athènes.

Seuls, sont restés en scène Pirithoûs et les jeunes garçons, quand commence de sonner au loin la trompe d'airain des chasseresses qui des avant le jour suivirent Phèdre dans la forêt.

Le son de cette trompe est rauque, brutal, sauvage parfois ; il s'achève, plus doucement, en une plainte qui ressemble à un appel...

Thésée, sans armes, apparaît sur le seuil, il a, sans doute, été éveillé par la sonnerie lointaine de la trompe. Un peu haletant, il regarde du côté de la forêt. — // ne voit pas ce qu'il veut voir. Il monte sur la pelouse qui précède le haut-relief.

THÉSÉE

Là-bas, la vierge sauvage, L'arc vibrant, le carquois au rein.

Clame dans le cor d'airain Avec des fureurs de ravage!

// se rapproche de la lisière.

Phèdre- Artémis! Force-beauté!

Malgré la douceur conjugale Un fatal Eros m'a hanté, Fille héroïque, ô mon égale!

Plein de remords :

Je n'avoûrai pas mon désir, A cause d'Ariane aux plaintives tendresses; Mais j'ai déserté ses caresses Et son sommeil au frais soupir,

Epei dûment^ vers Phèdre absente :

Pour guetter dans les verts frissons de la clairière Ta jambe de déesse et ton bras de guerrière!

Et il t-a vers la forci, mais Pirithoûs l'a ol>sert<é, a éloigné les Jeunes garçons el se place dei'ant Thésée.

PiRITHOlJ S

Avec brusqturie

Où vas-tu, Roi?

THÉSÉE

Surpris et offensé

Que t'importe?

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