Acte troisième
PIRITHOUS Doucement, tendrement
Où vas-tu.
Mon ami
Thésée l'est arrêté, mais il écoute toujours le son de la trompe. Pirithoùs continue.
Ce nous fut une victoire aisée De chasser les brigands de Naxos, — et Thésée Depuis quatre mois n'a pas combattu!
La trompe sonne plus loin. Thésée écoutera mieux Pirithoùs, qui dit :
Songe à tes tâches acceptées.
Victoire des vaincus, recours des affaiblis,
Songe aux grands devoirs accomplis Par les Héraklès et les Prométhées.
Le pas des géants ténébreux Épouvante la terre et les échos célestes ; Les hydres, par leurs cent gueules, dardent des pestes! Et les peuples douloureux Saignent sous les tyrans funestes.
Chaleureusement, héroïquement :
Dis, ô mon cher orgueil, dis que tu lèveras Encor pour le salut des vivants ces deux bras
Devant qui tout se rapetisse, Car l'un a nom Courage et l'autre a nom Justice!
Thésée, le son de la trompe s'étant tout à fait évanoui, cède à la foi ce de Pirithoùs.
Oui, j'achèverai d'un cœur résolu Ma sublime destinée, .
Prrithoûs rfmhrasfe ardemment. Thésée se tourne vers le Palais
Et j'emmène Tépouse où mon désir s"est plu! Tu m'as trop bien servi pour être abandonnée, O si tendre Ariane! et les dieux ont voulu Notre indissoluble hyménée.
P I R I T H o u s Arec une vigoureuse joie
Quand partons-nous r
Thésée va répondre, dans son élan continué, qu'il partira sur-le-champ, mais le son de Ir, trompe se fait entendre de nouveau. Ce son est trtste et ardent; il appelle. — Alors, fléchissant :
THESEE
En des bégaiements
Demain... bientôt... deux jours encor !
Puis, nous partirons...
p I R I T H o u s Brutal
igueur usée
Es-tu comme le cerf qui tremble au bruit d'un cor!
Furieux d'avoir été deviné, Thésée s'élance vers Piriihoûs.
Tais-toi
A u moment Ariane a paru sur le seuil, bientôt suivie par les vierges d'Athènes; elle va triste, languissante, peureuse, elle tend les bras vers son mari.