Acte troisième
THÉSÉE
Sans se retourner
Hélas!
Plein de honie et baissant la tête, à Pirithoûs
Éloignons-nous!
Ils sortent rapidement par le chemin qui monte. Ariane lei'ani ses bras nus, suit son mari, traverse le théâtre avec des gestes qui veulent retenir,
ARIANE Sur la plate-forme
Thésée !
Mais aucune réponse... Elle reste là toute tendue vers le lointain. Elle attend. Rien, Elle redescend, douloureuse, pendant que sur le seuil les vierges d'Athènes et Euncé la considèrent avec un tendre respect. Pendant qu'elle revient :
LES VIERGES
Très pâle, en pleurs, le cou baissé
Comme une tige brisée, Elle semble un grand lys blessé
Qui pleurerait sa rosée.
Eunoè a fait un signe. Les vierges lu: ont remis une lyre. ^Ariane s'est assise sur le bloc de marbre fruste. Alors Eunoè, vers elle, chante en jouant de la lyre.
Ariane ! Ariane ! Épouse !
Pourquoi pleurez-vous ?
Éos émeut d'un frisson doux La nue et l'air, la feuille et nous, Et le sommeil de la pelouse- Tout est douceur, la mer, le ciel, La terre éblouie et charmée !
L'abeille vibre aux fleurs pâmée Comme un baiser d'or et de miel !
ARIANE Dans un sanglot
Il n'est pas de douceur pour qui n'est plus aimée.
Ariane! Ariane! Reine!
Pourquoi pleurez-vous ?
Pareils à d'affreux lions roux Sous le talon de votre époux Les brigands ont mordu l'arène.
L'orgueil du glaive et la splendeur Des roses, pourpre parfumée, Environnent la renommée De votre charmante grandeur.
Plus désespérément
Il n'est pas de grandeur pour qui n'est plus aimée!
LES VIERGES
Très pâle, en pleurs, le cou baissé Comme une tige brisée,