‹ ArianeChapitre 32 sur 60 · Acte troisième · texte numérisé non relu

Acte troisième

PHEDRE

Moi?...

Dis-lui...

PHÈDRE

Moi?

Dis-lui les tristes jours, Les tristes nuits de ma tendresse méprisée.

PHÈDRE

Je ne veux pas!

Pourquoi?

PHÈDRE

Je ne peux pasi

Pourquoi ?

Souriant un pfu :

Je comprends! Un héros! Un roi!

Sois sans crainte, il n'est pas effrayant. Au contraire Puis, nuiri de ta sœur, il est presque ton frère!

PhiJre tressaille. Ariane la supplie.

Tu lui parleras, n'est-ce pas?

O plus sœur que mes sœurs aimées, Nous avons fait nos premiers pas D'une seule vie animées!

Nous avions des instincts secrets Et tout pareils, sans nous les dire Tu pleurais dès que je pleurais, Et je riais de te voir rire.

Dans les pierreux sentiers de houx, Chers à nos courses enfantines. Tu disais : prends garde aux cailloux, Je disais: prends garde aux épines.

Avec plus d'attendrissement encore et plus mystérieusement:

Plus grandes nous mêlions nos bras Dans la caresse des ramées...

O plus sœur que mes sœurs aimées, Tu lui parleras, n'est-ce pas?

Phèdre n'a pu résister à tant de àuHceur, elle se tourne vers sa sœur, elle sourit, elle est sincère, elle est bonne... Ariane lui prend les mains, les caresse; et, très vite :

Tu veux bien! Oh! Je vois que tu veux bien! Écoute, Fais-lui comprendre que j'ai mis Tout en lui seul, parents, amis,

Et la patrie! Et que je suis à lui seul, toute I

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