Acte troisième
Ne lui fais pas valoir, même s'il t'en parlait, Mes dévoûments. Il peut s'en irriter. Mais tâche De deviner si quelque chose en moi le fâche Ou lui déplaît.
Ardente
Et dis-lui bien surtout qu'il est mon souffle même! Et qu'il faut qu'il m'aime! Et qu'il faut qu'il m'aime
Elle a regardé vers le fond
Il descend le chemin.
PHÈDRE
Dans un sursaut
Déjà!
Presque honteuse, très vite, bredouillant dans le retour de l'espérance
Dieux! s'il allait Te répondre que je suis folle, Que j'ai Tort! Que rien n'est changé!
Qu'il m'aime toujours! O parole Exquise! O parfaite douceur!
f^ers le fond.
II vient!
A Phèdre
Embrasse-moi !
Elle court vers le palais, elle se retourne, envoie des baisers à Phèdre
Ma sœur, ma bonne sœur!
Elle s'échappe.
PHEDRE
Fortement résolue
Oui, oui, j'accomplirai cette tâche sacrée,
O ma sœur de berceau, plus proche et préférée...
Mais elle souge en marchant.
Pourtant, si c'était moi... qu'il aime? Si c'était Moi!
Elle se souvient.
Grave, il me parlait rarement, la voix dure, Et son regard m'évitait. Mais, hier, en dénouant au vent ma chevelure, Je sentis à mon cou son souffle au proche émoi Et j'en avais jusqu'au bout des doigts la brûlure.
Emportée :
Si c'était moi! Si c'était moi!
Mai tresse d'elle-même
Je n'en ferai pas moins ce qu'ordonne ma gloire
Vers Ariane :
Et ma tendresse!
Mais elle se retourne vers le haut-relief et parle furieusement
Atroce Eros! Apre Cypris!
Votre détestable victoire
Dans l'enfer de mes esprits Rôde comme une torche noire!
Pour le beau héros Le désir, bitume Fluide, consume Ma chair et mes os.