‹ ArianeChapitre 36 sur 60 · Acte troisième · texte numérisé non relu

Acte troisième

O vierge guerrière, nous sommes Héros tous deux; l'un plus charmant.

Soyons, pour le salut des hommes.

L'amante et l'amant.

Partageons la guerre et les trônes!

Nous triompherons sans effrois Toi, des féroces amazones, Moi, des géants rois!

Vainqueurs par un égal courage, Éperdus d'un amour pareil, Nous ferons de la gloire atroce du carnage Notre lit vermeil.

PHEDRE Qu'une idh espérance a rendue folle de joie, mais qui résiste et résistera

Crois-tu, monstre, que je consente A ces bonheurs infamants?

Bonheur, que dis-je? horreurs, dégoûts, haine croissante.

D'une voix déchirée :

Je ne t'aime pas! Je ne t'aime pas !

THÉSÉE En triomphe

Tu mens!

Le même amour nous tente Depuis longtemps.

PHEDRE

Non!

THÉSÉE Tout près d'elle

Les soirs, tu m'attends Sur le seuil, haletante, El les seins battants

Non!

Quand je reviens, tu feins Tctonnée, Tu l'en vas, l'œil mi-clos, la tête un peu tournée Pour voir si je te suivrai.

Et tu tardes!...

PHÈDRE

Ce n'est pas vrai!

Hier, tu dénouais au vent ta chevelure;

Sous l'haleine en feu dont je l'effleurai Ton cou d'or brun vibra comme d'une brûlure...

PHÈDRE Horriblement épeidue

Ce n'est pas vrai! Ce n'est pas vrai!

Page 1