‹ ArianeChapitre 35 sur 60 · Acte troisième · texte numérisé non relu

Acte troisième

PHEDRE

Épouvantée

Que dis-tu?

Qu'un Éros fatal Me dévore!

Parjure!

Oui, parjure, odieux, Traître, lâche; et j'ai peur des dieux ! Mais j'adore.

Ciel!

THÉSÉE

Aï'ec un emportement délivré :

Je l'ai dit, le mot de délice et d'effroi!.

Se prenant à la gorge :

Je l'avais là, brûlant. Ah! j'adore! et la foudre N'empêcherait pas, me mît-elle en poudre, Que je l'ai dit — et que tu le sais!...

PHÈDRE

Êperduuient, d elk seule

C'était moi!

THÉSÉE

Qui a pourtant entendu

Oui! toi! toi! C'est infâme! O vertu dégradée! Je déteste mes yeux déments, mon cœur hagard. Pourquoi, coupables yeux, l'avez-vous regardée? Pourquoi, coupable cœur, suivais-tu mon regard? N'importe! C'en est fait! — Ariane est plus belle Que le lys d'or du jour? Je n'ai point souci d'elle.

Un fil guida mes pas Aux embûches de l'ombre? Il ne m'en souvient pas.

Elle a fui pour me plaire Sa famille et ses dieux... Elle en eut le salaire!

Toi, fîère, aux noirs cheveux.

Tu n'as rien fait pour moi, je t'aime et je te veux!!

PHÈDRE Effroyahlement hourrelée de sentiments divers, mais maintenant l'attitude du dezvii

Tais-toi, détestable adultère!

Inceste affr'^ux, qu'espères-tu?

THESEE

Illustrer par toute la terre Notre criminelle vertu!

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