‹ ArianeChapitre 39 sur 60 · Acte troisième · texte numérisé non relu

Acte troisième

Un cœur d'amante habite en ton sein de déesse, Un cœur qui peut souffrir et je t'y frapperai!

Elle disparaît en courant . Ariane, comme hors de la vie, est restée iviuiolile, les l>rtis ballants. Elle ne sait pas , elle est stupéfaite . Elle regarde le vide . Elle est comme une enfant qu'on a torturée, et qui s'étonne, ires douloureusement et très naii-niicut. En regardant autour d'elle :

Je ne comprends pas. Les choses N'ont pas changé.

Pourquoi dans le ciel nuage Les mêmes vapeurs roses?

De pareilles roses écloses L'air s'éblouit.

Pourquoi la mouette d'un coup d'aile Frôle-t-elle encor la mer qui bleuit.'...

En criant tout à coup et en tordant ses bras

Puisque Thésée est infidèle, Et puisque Phèdre me trahit!

Presque comme en une plainte de chanson ppuLiire

Ah! le cruel! Ah! la cruelle!

Je ne vivais plus que pour lui, Et je serais morte pour elle.

Ah! le cruel! Ah! la cruelle î Douce, je n'avais d'autre appui Que leur tendresse et leur tutelle.

Ah! le cruel! Ah! la cruelle! Alors, eux, Fépoux et la sœur.

Ils se sont mis à deux pour déchirer mon cœur, Mon pauvre cœur frêle...

Ah! le cruel! Ah! la cruelle!

Infiniment Ivnne

Pourtant ils m'aimaient! Comme je voulus, L'époux m'emmena, Phèdre m'a suivie.

Oh! qu'il doit souffrir de ne m'aimer plus! Qu'elle doit souffrir de m'avoir trahie!

.^vu de la colère enfin :

Je les excuse, moi!

jli'ec tout ce qu'elle peut avoir de méchanceté :

Ne leur pardonnez point, Dieux défenseurs des hyménées!

Punissez-les, — pas trop. Même, quand le jour poin', Qu'un peu d'ombre les suive aux routes fortunées

Et en effet, l'ombre se fait peu à peu

Que dans l'obscur sentier des bois Ils ne cueillent, mêlant leurs doigts.

Que des violettes fanées!

Et sur leur lit du soir, qu'un remords envahit, Que le baiser se meure en parfum d'asphodèle...

Un peu terrible, dans l'otnbre grandissante

Puisque Thésée est infidèle Et puisque Phèdre me trahit!

.4 ce moment, sous un crépuscule, qui dd'iendra bientôt la nuit, des cris, des lamentations, viennent de loin, se rapprochent, et Pirithoits ne tardera pas à apparaître sur la plateftruu. Ariane, dans le tremblement de sa faiblesse :

Quest-ce?

LES PETITES VIERG; Sur le seuil

Qu'arrive-t-il ?

PIRITHOUS Qui entre épouvanté

Reine! reine! sois forte.

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