Acte premier i
LES SIRENES Avec un geste du côté de la vitr, les bras nus lei'nnt des aile:
Vers les beaux archipels d'étoiles Qu'on voit dans l'eau s'allonger
Montez sur les nefs d'air léger Où le brouillard met des voiles.
UN MATELOT
Oh ! les suivre!
UN AUTRE
Oh ! là-bas, vivre des jours nouveaux Dans la douceur du songe et l'oubli des travaux
Pirithoùs suoiie son aiicniion anxi-nisc vers le Labyrtnihe, se tourne, parle avec une tristesse rude.
PIRITHOUS
Arrêtez! Coeurs d'entants, dociles aux merveilles, Faudra-t-il donc, pour en déjouer les appâts,
Boucher de cire vos oreilles,
Ou vous attacher à vos mâts
Il s'avance vers les matelots.
Quoi! dans le Labyrinthe énorme aux âpres berges Les sept jeunes garçons et les sept jeunes vierges S'offrent, tribut vivant, au taureau belliqueux; Quoi! le royal Thésée ignorant de la crainte Les a suivis parmi l'erreur du Labyrinthe Pour les sauver du monstre ou mourir avec eux;
i:t vous, Aihcnicns qui gueiiez dans ce havre,
Pour célébrer le roi hautain
Ou pour reniporier son cadavre, 1.0 seuil ic l^r. Mi/e <>ù va se dresser le ticsiin,
\ous, quand il couibaïua pour voire chère Athènes
Et vos fils et leurs jeunes sœurs,
Suivrez-vous les fuites lointaines Des anges de la mer aux perlides douceurs;
Lts matelots se sont courbés, l'air repentant, mais ils ne cessent de prêter l'oreille à la voix, presque éteinte, des sirènes, qui ont disparu. Pirithoûs chante vers le Lalyrinilx avec une virilité passionnée .
Délices de mon cœur violent, cher Thésée, Frère des premiers jeux et des combats virils, Pourquoi Tinique loi te fut-elle imposée D'assaillir seul la bête en ses pièges subtils.''
Avec toi j'ai traqué la Laie!
Mon épieu défonça la plaie Ouverte par ton javelot!
J'ai porté la tête tranchée De Cercyon, urne penchée D'où le sang noir roulait à flot.
Nos quatre mains d'un effort juste Ont tiré les pieds de Procuste Jusqu'au bout de l'atroce lit; Nous avons, pour la pâle Reine, Affronté la nuit souterraine Devant qui Zcus même pâlit 1