‹ ArianeChapitre 3 sur 60 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Prés de la met-, mais on ne la voit point. On la ddine tout proche à cause d'une galère à l'ancre aperçue dans la pénombre, et dépassant les roches asse\ hautes ici, là peu élei'ées, qui occupent en partie le côté gauche du théâtre.

Au fond, c'est (parmi des fondrières et des arbres fracassés qui découvrent-, assex^ peu loin, l'énorme et pesant palais du roi Minos, et plus loin, les blancheurs inégales d'une ville) la descente de plusieurs sentiers.

A droite, sur la pente du mont Ida aux lerdures farouches, s'amoncelle, s'échelomte, s'espace le Labyrinthe dcdalien, d'où, émergent, diverses et confuses, des lignes courbes de pesante et brutale architecture ; et, formés de blocs superposés où des formes sont cependant visibles, des murs cachent l'intérieur du Labyrinthe. Dans l'un des murs, une seule perte de bron:^e, asse^ haute, au delà d'un escalier de roches écroulées .

Tout le décor est rude, sombre, sauvage, hormis çà et là, à gauche, où des herbes et des arbustes sont en fleur sur les pentes et dans les intervalles des roc: marins ; un large passage de sable conduit, entre des ronces fleuries et des pommiers aux touffes roses, vers la galère.

Au lever du rideau, des matelots grecs, en petit nombre, sont étendus sur les roches ou sur la pente de sable qui mène à la galère. Les plus jeunes, accotidés, regardent et écoutent vers la mer, d'oi't s'élève le chant des sirènes. Au milieu du théâtre, parmi des guerriers en groupe, Piriàioûs-, le compagnon bien aimé de Thésée, n'écoute pas les voix tentatrices et reste immobile. Il s» tient debout, il considère anxieusement la porte du Lal-yrinlhe.

Invisibles, au loin, parmi le bruit caressant de la mer calme et câline, et les plaintes langoureuses des brises et le frisson, par instants, des voiles, les sirènes chantent vaguement.

LES SIRENES

Vers les rives blanches de brume Plane et glisse notre essor...

Nos cheveux sont des vagues d'or Entre des ailes d'écume.

UN MATELOT

A voix basse

Entends I

UN AUTRE

Qui chante ainsi?

UN AUTRE

Les belles de la mer.

d'autres Les sirènes sont les voix douces du flux amer.

LES SIRÈNES Plus pioches et, à la fin de ceiU strophe, tout pies de se laisser voir

En des îles enchanteresses,

Sur des écueils de coraux, Il est pour les jeunes héros

Des lits d'ombre et de caresses.

UN MATELOT

Je les vois!

UN AUTRE

On dirait au miroir du tlot lent Des seins de femme sous un vol de goéland!

Lts sii cites se montrent d demi, dam les inleivalles fleuris des rocs marins, elles ont des visages de femmes sous des cheveux d'or. On toit le commencement de leurs blanches ailes dt graruUi mouettes.

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