‹ ArianeChapitre 50 sur 60 · PERSÉPHONE · texte numérisé non relu

PERSÉPHONE

Oui, Phèdre est là, dormante en son funèbre lange. Mais il n'est point de retour

Reine! si vous saviez ce que j'offre en échange.

Plus bas :

La terre connaît la rigueur De votre aride exil en des gloires moroses. Et pour toucher votre cœur Je vous apporte des roses!

En ejjei, lis Nwiphes se sont approchées, et, Ariane ayant retiré le voile, on voit dans la corbeille f jleurir et resplendir de grandes touffes rouges et blanches.

PERSÉPHONE Dans une joie passionnée

Emmène ta sœur! emmène ta sœur!

Des roses! des roses! des roses!

Je vois, j'aspire, et touche et baise la douceur De toutes les humaines choses Dans leurs chères fraîcheurs écloses!

Emmène ta sœur! Que de roses!

Pendant qu'elle caresse éperdument us fleurs, deux de ses Cciiipagnes sont allées derrière U tribunal de bronze; et elles ramènent Phèdre, voilée de noir, comme vêtue de ienebres. L'une des Compagnes de Perséphone écarte le voile. Phèdre voit Ariane et comprend.

qo Ariane

Je ne veux pas revivre! non!" .le fus trop criminelle et tu me fus trop bonne.

Klle haïsse son voile et leiit se dérober.

Tu ne peux pas désobéir à mon pardon;

Et nos destins seront tels que l'amour l'ordonne.

Alors Ph.dre courbe la télé, et Ariaiu, qui l'enlace, la conduit vers la droite, qui est la route du retour. En viéme temps, tandis que Perséphone n'a pas cessé d'admirer et de loucher les roses, le passage de la toile de fond s'assombrit. Hclas! tout z'a s'éloigner, dans plus de crépuscule, de ce qui fut la vision de lumière ci d'enchantement. L'enfer voit remonter en silence et lenicntcnt les Grâ.es, les Nymphes, les feux, les Désirs, tous les charmes, toute la beauté.

LES COMPAGNKS DE PERSEPHONE

Oh! moins d'une heure, un seul moment, restez encor Dans l'inrtni de nos ténèbres, Grâces d'or!

LESCHŒL'RS

Invisibles, lointains

Oh! moins d'une heure, un seul moment, restez encor Dans l'infini de nos ténèbres. Grâces d'or!

faine prière, et c'est en vain aussi que les Finies tendent des bras désespérés vers le cortège de joie et de grâce disparu. La suprême lueur s'éteint. Perséphone, alors, laisse tomber toutes les roses qui s'cjjéuillent, elle reprend son attitude d'idole froide, fine et mélancolique. Une de ses Compagnes lui a remis le lys noir dans la main.

Page 1