LES JAMBES
Elles n'ont qu'à marcher, et c'est le rythme de l'amour. Dans leur nid, elles n'ontqu'à s'entr'ouvrir commedes ailes, Pour que les infinis s'entr'ouvrent avec elles. Leur blancheur, en dormant, fait rêver la nuit de velours.
Mais surtout, elles sont les souveraines de la danse, Les déesses par qui le tourbillon devient beauté Et qui font d'une robe un éclair qui s'élance Et court, le rendant fou, sur le cœur de la volupté.
Les rythmes enlaçants bondissent pour les embrasser. On dirait qu'elles créent une atmosphère de baisers, Tant les grise le vent, qui moite dans leurs voiles vole.
Et SOUS les blancs volants, ce sont, dans l'extase, deux tiges
Qui portent leur vibrante, invisible corolle,
La fleur d'ombre et d'ivresse, au dieu des suprêmes vertiges.
l'ombre des couples 95