LES REINES VOILÉES
Elles, comment, sans trop les offenser,
Le verbe pourrait- il caresser leur lumière,
Epanouie en ces bouquets, fleurs de baisers,
Qui de leurs deux rondeurs font deux blanches reines trcmières ?
Le verbe, hélas ! a peur de toucher leur nom trop banal. Qui flotte entre la gloire et l'insultant sarcasme. Comme leur voile flotte entre l'orgueil astral Et la honte aux ténébreux spasmes.
Mais c'est en reines que ces reines fuient le jour,
Car c'est pour qu'un dieu seul. l'Aveugle charmant, les possède.
Qui voit avec son cœur et chante en soupirs sourds,
Chaste encor dans ses hardiesses, pur toujours,
Lui seul à qui leur féminine fierté cède,
L'Amour.