LES DIVINES CAPTIVES
L'Amour, qui m'a donné sa gorge féminine, Pour qu'à sa double fleur mes abeilles butinent, L'Amour dans son beau corps a renfermé ses ailes, Comme pour être sûr de me rester fidèle. Mais des soyeuses, des tremblantes messagères, Il a gardé la grâce et craintive et légère. L'essor qui radieux dans ses gestes renaît, La sensibilité, douce comme un duvet,
Et ce rien si divin que j'y baise les deux, Dans sa chair ce palpitement délicieux.
Les ailes vivent, plus touchantes et meilleures De s'être ainsi pour moi faites intérieures.
LES AILES DE LA NUIT D AMOUR IO7
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rson, même en t'admirant, ils ne se doutent pas
Qu'il est tant d'ailes sous ta robe et dans tes pas.
Moi seul je les entends, et mon désir les voit, les touche,
Les baise dans le pli souriant de ta bouche,
Dans le soulèvement paisible de tes seins,
Dans ta noble démarche et tes gestes mutins,
Dans le rythme léger de tes jambes harmonieuses,
Dans l'élargissement dont ta hanche est si glorieuse,
Et dans tes yeux, et dans tout ton corps, je les vois,
Et même dans la foule, et même loin de toi.
Je les entends vibrer parmi les secrets de ta chair
Où, par un soir d'été plein de félins éclairs,
Mon baiser, énervé par le ciel sombre, et chaud, et lourd,
Eveilla, déchaîna toutes ces ailes de l'Amour.