LES RAYONS
Parlons bas ! Les rayons qui des étoiles viennent
Jusque dans notre chambre et jusque sur ton sein.
Parlent tout bas, tout bas, comme des musiques anciennes
Qui naquirent un jour dans un astre lointain.
Un jour, voici longtemps, trop longtempspour qu'on s'en souvienne.
Oui, l'on dirait qu'ils glissent sur nos lèvres
A voix basse,
En mots fanés, mais scintillant de jeune fièvre,
En mots fanés, fanés de fleurir au fond des nuits lasses
Depuis tant de passés, depuis l'origine des choses,
Mots à voix basse, éclairs fanés qui, lorsqu'ils passent
Dans cette ombre, sur tes lèvres semblent si roses...
Roses comme un mvstère où l'amour chuchote à voix basse.
l8 ARIEL ESCLAVE