DÉSIR
Je voudrais qu'aujourd'hui le soleil sornbràt, mort Aux cieux si noirs qu'il n'y resterait plus un leurre, Et qui sur terre ne verraient de flamme encor Qu'en cette chair déserte où mon àme demeure.
Au monde aveugle, éteint, grelottant et prostré Dans sa détresse, et ses fraudes et ses décombres, Je dirais : Levez-vous ! Voici le feu sacré : Car c'est moi qui l'ai, moi qui n'avais que mon ombre.
Voici la vie, et la chaleur, et la lumière. Prenez, recommencez vos luttes dans l'ornière. Et blessez la justice, et l'aurore et mon cœur! —
j54 ariel esclave
Puis à pas lents, et sans regarder en arrière, Laissant sur tous ces fronts luire l'aube en sa fleur, Muet, je rentrerais dans ma nuit familière.