Aristide Froissard
P., Uif. J. fl.fc», *•*■ P»«' * K"k' """• LmU'> G"""' """"' U/"U' '" Rue des Beaux-Arts , S.
câbImëT^ucture.
Librairie ancienne il moderne
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Tout le monde existait il y a quinze ans , et cela m'embarrasse beaucoup ; car si je mettais la scène au moyen-âge , j'aurais mes coudées franches ; je bâtirais des châteaux comme il n'en a jamais été
construit, et je ferais parler les gens d'une façon singulière. Quelle érudition a cet écrivain , dirait-on ; c'est un puits. Je me priverai de cet éloge. Ma date est 1835, et mes personnages demeurent tout bourgeoisement faubourg Saint-Honoré.
ïïeeexiption he l IxotcX £x0i9&axt.
Je connais un journal à Paris dont le rédacteur en chef ne paie plus les descriptions , se mettant par là en opposition hostile avec cet écrivain qui voudrait qu'on lui comptât sa signature comme une ligne, et qu'on la lui payât cinquante centimes. Ces deux prétentions sont exorbitantes. Toutefois, je ne puis loger mes personnages dans la rue.
L'hôtel Froissart était au numéro 103 ;
il se composait de trois étages et d'une ligne de mansardes, d'une cave et de plusieurs caveaux. Si vous trouvez dans l'abbé Prévost , Lesage , Fielding et Richardson , une peinture plus exacte des lieux où ces illustres romanciers font agir leurs personnages, je consens à décrire , moellon à moellon, lhôtel Eroissart.
Pourquoi nous dites-vous toujours de les copier? Mettez-vous donc d'accord, tas d'instruments que vous êtes.
(Sttfcrott où j* n'imite ptt&onxUj «tais ou \t bccrt'j un peu.
Dans la cave de Froissart, les bouteilles ne portaient pas absolument en étiquettes les titres et les qualités des vins qu'elles renfermaient. Froissart avait ses raisons
pour les classer autrement que les sommeliers. Sur les vins ordinaires, par exemple , il avait écrit Vingt ans de Mariage, Ennui, Créanciers, Pluie, Poème épique, etc. ; sur les vins de Bourgogne vieux , au lieu des noms vulgaires de Tonnerre , Nuits , Pomard , on y lisait : Contentement, Bien- Être, Philosophie, Jeune Veuve , Amitié , Sagesse facile; sur les bordeaux : Qu'est-ce que cela me fait? Je m'en moque pas mal! Après moi le déluge! Le Champagne prenait pour désignation : Bonheur, Ivresse , Fantaisie, Délire, Oubli de tout, Toutes les femmes me plaisent , Tous les hommes sont parfaits; jusqu'aux liqueurs qui avaient leur qualification morale.
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Comme il avait été peint par tous les grands peintres de l'époque , il n'est pas étonnant qu'aucun de ses portraits ne fût ressemblant. Le plus simple est de recourir à un de ses passeports.
Aristide Froissait ,
Né à Paris.
Taille élancée ,
Cheveux châtain foncé ,
Yeux bieus ,
Nez droit ,
Bouche grande ,
Menton petit,
Teint animé.
Age , vingt-trois ans.
Signe particulier : Aucun.
Vous ne connaîtriez pas mieux Aristide Froissart , eussé-je employé vingt pages à vous parler de méplats, de clairobscur, de pénombre et d'ombre, de lignes contrastantes, de places miroitantes , de sinuosités voluptueuses. Cette peine étant prise , eussiez-vous reconnu dans la foule Aristide Froissart ? Certes , non. Inconnu pour inconnu, prenons le chemin le plus court.
31 avait un pite.
Son père, Jean Cascaret Froissart, accusateur public en 93, avait accusé M. de Neuvilette d'être noble, riche, heureux, poudré à blanc, vêtu proprement, et de manger le peuple. On ne plaisantait pas alors. M. de Neuvi-
lette se hâta de s'appeler communal , d'ôter sa poudre, d'endosser une carmagnole. L'accusateur Froissart se chargea de lui prendre sa fortune , qui était considérable, et de faire non seulement qu'il ne mangeât plus le peuple , mais qu'il ne mangeât plus du tout. Il ne pesait plus qu'une seule accusation sur la tête de M. de Neuvilette^ c'était, à la vérité, la plus terrible de toutes : — Celle dêtre accusé d'être accusé. Il aurait porté sa tête sur l'échafaud et on lui aurait même épargné cette peine en la lui portant sur cette seule accusation, si l'accusateur Froissart ne lui eût fait une proposition fort acceptable. Nous sommes jeunes, lui dit-il , et mariés tous les deux ; si la nature te donne une fille, et que la nature m'envoie un
fils, nous les marierons. Y consens-tu?
A quoi n'eût pas consenti M. de Neuvilette en ce moment? Tu n'as plus rien à craindre, lui dit l'accusateur Froissart. Fais-moi une fille.
Pourquoi U ytte £%ùx***xt conçut-il *w Ul pt0jet ï
Parce que c'était un homme de réflexion et de prévoyance. Il savait que les révolutions commencent par se faire au profit des voleurs et qu'elles sont ensuite confisquées pur d'autres voleurs plus adroits et plus prudents.
Les premiers sont les voleurs braves, les autres sont les voleurs conservateurs. Étudiez l'histoire. Or , le père Froissart se dit : Tout ceci est trop
beau pour durer. Un moyen pour que les Neuvilette ne réclament jamais rien , c'est de nous unir à eux.
<$» Von fcti U motif yout lequel iift. loe Neuvilette voulut teuix paxoU.
D'abord c'est qu'il ne put s'en dispenser. Si , pour nous servir des expressions de l'accusateur Jean Cascaret Froissart , la nature lui envoya une flile, elle mit tant de lenteur dans son envoi , que cette fille , Adeline de Neuvilette, naquit en 1809, en plein empire, et qu'à cette époque on n'était pas encore disposé à rendre les biens enlevés aux nobles. M. de Neuvilette, très intéressé à tenir sa parole , demanda à M. Froissart s'il était décidé
à tenir la sienne. Une seconde fois M. Froissart se dit : Tout ceci ne peut durer. L'empire nous a rendu le culte, comme on dit ; il nous a rendu même une foule d'autres choses que nous n'avions pas, il pourrait bien nous rendre une restauration. Il accepta de donner son fils Aristide Froissart à Adeline de Neuvilette, dès qu'ils seraient tous deux parvenus à l'âge de raison.
ŒiïuxU ké&mtïon lut Vàge jb**aie0tt.
C'est celui où l'on est appelé à être soldat, tuteur, garde national; où l'on a le droit d'être condamné à mort.
La raison est un présent du ciel.
0* x&hati.
Il emprunta dix mille francs et souscrivit des lettres de change pour cinquante mille; sur ces dix mille francs il fut obligé d'en donner mille à celui qui lavait mis en rapport avec lusurier, et mille à l'usurier de la main à la main , quoiqu'il fût censé en avoir touché dix mille. Sur les huit mille francs restant , il faut mettre en ligne de compte un lion privé dont le prêteur tenait à se défaire. Le lion privé représentait deux mille francs. Froissart prit les six mille francs, monta dans un fiacre avec son lion privé et alla chercher son ami de collège Beaugency, et plusieurs autres de ses ca-
marades. Ils se rendirent tous à Meudon , où nous allons les revoir en bonne compagnie.
%Lêkah'xïit&iion ^Incite t>e V&suxUx.
Si vous êtes dans le besoin et que vous alliez trouver un honnête homme pour lui emprunter de l'argent sur un titre, un contrat, un effet, il vous répondra, ou : Je n'ai pas de fonds dans ce moment-ci ou : Ma femme que je consulte toujours ne me conseille pas de faire cette affaire; ou: Moi, je ne suis pas négociant; ou enfin, Je ne suis pas usurier. Pendant ce temps, si vous êtes fabricant , votre manufacture est arrêtée; si vous êtes négociant, vous perdez l'occasion d'un excellent mar-
ché ; tout cela parce que vous avez eu affaire à un honnête homme qui rougirait de prendre dix pour cent.
Parlez-moi de l'usurier ! voilà, lui dites-vous, des valeurs pour vingt mille francs, donnez-m'en six mille ; si je ne les ai pas rendus dans un an, le tout vous appartient. Mais c'est un vol.
Non, vous n'étiez pas forcé de recourir à l'usurier; vous êtes allé le trouver; non, car vous avez choisi entre l'honnête homme et lui 5 non , car il vous a été utile au moment où vous alliez faire banqueroute ou vous noyer.
Les honnêtes gens qui ne prêtent pas dans un pays où l'argent est tout, sont mille fois plus infâmes que les usurier . Du reste, Montesquieu a tracé un magnifique éloge des usuriers dans Y Esprit des
/o«s;et il est probable qu'il n'avait jamais eu recours à eux.
C* qui attendait à i&euùfsn £Ut0ttfe* tfxole- Bsxt et 0*0 amis.
Huit figurantes empruntées à divers théâtres de Paris, et vêtues comme les femmes du Nouveau-Monde lorsque Colomb y débarqua pour la première fois.
Chacune de ces dames avait à la main, pour se voiler, un numéro du journal du soir. La fête commençait ainsi. C'était la commencer comme peu finissent.
£■& cxxàcthrccUcs moeurs K*e amis tfQLxhtlbt £xo\z8zxt. — tyxemiex ami.
On l'appelait le Troubadour, et autant vaut lui laisser ce surnom, à moins qu'on ne préfère lui donner un autre surnom plus explicite encore, par lequel on le désignait aussi, et qui finit par lui rester. Ce surnom était : La dernière guitare. C'était alors un élégant jeune homme aux yeux bleu-de-ciel, au teint printannier, au sourire de jeune fille. Ses mains étaient belles, charmantes quand il pinçait de la guitare, instrument dont il raffolait, quoiqu'il n'y excellât pas. Cette passion pour la guitare le rendait fou. Il est vrai qu'il lui devait des succès extraordinaires dans le monde des grisettes de première classe et dans celui
des femmes entretenues. A ce joli talent il joignait celui de composer lui-même les paroles qu'il chantait. Il était son propre poète, ce qui explique pourquoi il ne rejetait jamais sur la faiblesse des paroles, à l'exemple de ses confrères, Tinsuccès de quelques-unes de ses compositions lyriques. La dernière guitare avait alors dix-huit ans. Il avait reçu ce sobriquet, on le devine, à cause de la glorieuse exception qu'il offrait au milieu d'un monde d'où la guitare avait été bannie par le piano. Quand toutes les guitares avaient été brisées avec l'empire , quand il n'existait plus un seul professeur de guitare en France, lorsque pas un homme ne se serait montré assez hardi pour publier une romance avec accompagnement de guitare, lui, lui seul en composait qu'il faisait graver sous son nom, et qu'il allait
chanter de porte en porte, malgré les chats, les rires des passants et la vindicte publique. Pourtant c'est avec quelque raison qu il disait : Il n'existait qu'un seul instrument avec lequel un jeune homme pût peindre son amour à une femme sans paraître bossu, comme ceux qui jouent du violon; sans cracher avec des mines de singe dans un trou fait dans un morceau de bois creux, comme font ceux qui jouent de la flûte ; sans montrer le dos à celle pour qui l'on dit soupirer, ainsi qu'il arrive à ceux qui touchent du piano; il n'existait enfin que la guitare avec laquelle on pût exprimer de face à une personne , et sans grimace , sans contorsion, l'amour dont on était saisi en la voyant, et l'on poursuit d'anathème, on exile^ on brise cet instrument ! Je le réhabiliterai ce que fit notre dernière guitare
avec un héroïsme digne d'un meilleur sort.
Pâle comme un mort, beau comme un ange cependant , non comme un des anges qui visitèrent Gomorrhe , la ville impure, mais comme un ange qui aurait été dans l'impossibilité de sortir de Gomorrhe, après l'avoir prévenue qu'elle brûlerait si elle ne renonçait pas à ses abominables mœurs, Beaugency avait dix-neuf ans ; il paraissait , tant il était délabré, ne devoir jamais en avoir vingt. Néanmoins, il comptait vivre encore un an ou plutôt douze mois, pour prendre un langage tout à fait en relation avec les calculs de Beaugency. A force
d'user de la vie , Beaugency l'avait usée. Héritier à dix-sept ans de la fortune de son père qui s'élevait à trois cent mille francs , il en avait déjà dévoré les deux tiers, soit deux cent mille francs. Sa santé s'était fondue dans les orgies , les nuits de bal, les chasses violentes, les plaisirs monstrueux de toutes sortes auxquels il s'était livré. Au bout d'un an, il ne digéra plus, il eut les deux poumons atteints et une lésion profonde aux entrailles. Tout médecin consulté le condamna. Il prit son parti. Son unique pensée fut de savoir au juste combien il avait à vivre, non pas d'années, mais de mois. La science put lui répondre avec une presque certitude qu'il n'avait plus qu'un an à vivre, s'il ne renonçait pas à la débauche des deux premières années, mais qu'il pouvait bien vivre
encore cinq ans avec des ménagements nombreux, un régime doux, un parfait repos d'esprit. — J'ai choisi entre les deux systèmes, s'écria-t-il, vivre un an comme j*ai vécu, et qu'on m'enterre ensuite... Ayant pris cette détermination , Beaugency s'arrangea de façon à arriver à son dernier écu avec son dernier souffle de vie. Les cent mille francs , somme qui me reste en caisse , se dit-il encore , représentent par mois huit mille trois cent trente-trois francs trente-trois centimes. J'ai donc à dépenser cette somme chaque mois jusqu'à ma mort, et je serais fou d'y manquer, n'ayant ni frères, ni sœurs, ni vieux domestiques à enrichir.
Tels étaient le caractère et les mœurs de Beaugency, le deuxième ami d'Aristide Froissart.
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Celui-là s'appelait Lacervoise et se donnait pour sculpteur auprès de ses amis. Le côté artiste de Froissart penchait beaucoup vers la nature originale de Lacervoise , nature ardente et paresseuse comme la sienne. Il se donnait , disons-nous, pour sculpteur, et l'indication n'est pas inexacte. Nul n'avait jamais vu un monument, une statue, un simple médaillon de Lacervoise. Aristide seul croyait en la sculpture de cet artiste qui, pour le monde , aurait pu se dire musicien, astronome ou navigateur. Du reste, il jugeait l'art dont il se disait l'adepte d'une façon qui n'était intelligible que pour lui et pour Aristide. Son opinion sur ses devanciers les plus illustres ou
ses confrères virants se manifestait par des gestes pittoresques et silencieux , ou par des cris imités de certains animaux.
Si, par exemple, Aristide lui disait :
— Un fier homme , n'est-ce pas , que Michel-Ange? Lacervoise fermait aussitôt sa main droite, élevait le pouce et traçait en zigzag une croix en l'air ; il rouvrait ensuite sa main et la secouait comme un homme qui dit : — Adieu l portez-vous bien ?
Cela suffisait.
Lui et Aristide s'étaient compris. Le grand Michel- Ange était apprécié.
Et si le Froissart ajoutait :
— Mais le Bernin? Alors, Lacervoise alongeait ses lèvres et les remuait avec bruit, comme ferait un singe irrite
Aristide comprenait encore.
Le Bernin était flétri pour jamais.
Nous retrouverons plus loin nos personnages et quelques autres de la société intime d'Aristide Froissart.
GP* qui yxU&bz U >e#9ett.
Froissart et ses amis se firent monter du papier à lettres , des plumes , de l'encre , quarante chandelles , l'enseigne de l'auberge. Tout cela de sang- froid. Si l'on disait à un aubergiste : — Garçon ! servez-nous votre femme ! il répondrait : — Monsieur, voilà! Je demandai un jour à Saint-Cloud, dans une auberge au bord de l'eau , un sphynx pour deux. Il me fut répondu : — Monsieur, il n'y en a plus.
L'aubergiste remonta avec du papier à lettres, des plumes, de l'encre, quarante chandelles , l'enseigne de l'auberge. Son enseigne , on n'a pas besoin de le dire , était le Lion d'Or. Le véritable lion était sous la table, mangeant de temps en temps des morceaux de cinq ou six livres de viande. Ordinairement, c'est l'intérêt qui dévore le capital ; là , c'était le capital qui dévorait l'intérêt.
Beaugency , Froissart et Lacervoise adressèrent des circulaires à tous les habitants du pays, pour les inviter à venir voir dans la soirée , à la porte de l'hôtel du Lion d'Or, un lion offert par le bey de Tunis au roi Charles X, qui ne l'avait pas accepté, ne sachant où le mettre.
Le lion refusé retournait donc en Afrique avec les deux chasseurs qui lavaient pris et les esclaves qui lavaient accom-
pagné dans son voyage en France.
Spectacle à dix heures.
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Qu'on juge du degré d'animation auquel étaient arrivés les convives. Froissart fit boire du vin de Champagne au lion. L'aubergiste, témoin de ce fait inoui à Meudon, éteignit ses fourneaux et sortit de chez lui. Il lui était arrivé de louer sa salle pour célébrer des banquets politiques; il avait entendu chanter des hymnes nationaux , ce qui est bien quelque chose , mais jamais il n'avait vu un lion boire du vin de Champagne dans son auberge. Le seul lion qu'il eût vu jusqu'alors était celui de son enseigne.
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C'était la saison des fraises. Froissait en prit dans le saladier et s'en servit en guise de vermillon pour tatouer toutes ces dames depuis le nez jusqu'à la ceinture et pour dessiner sur son pantalon et sur celui de ses amis, de flamboyantes arabesques semblables à celles qui courent sur les cuisses des tamboursmajors. Il dessina ensuite sur la nappe qu'on fixa en manière de drapeau autour d'un bâton, un magnifique lion rouge sous lequel il écrivit en lettres de la même couleur.
Offert par le bey de Tunis à sa majesté Charles X,
S$uiie te ee tx*\t fc* jeunesse VStrtsttfcc £xQiz&zti.
Au coup de dix heures, toute la population de Meudon se plaça sous les croisées de l'auberge du lion d'or qui s'ouvrirent et s'éclairèrent de cent soixante bouts de chandelles. L'enseigne fut déployée et les artistes parurent au balcon. 11 y eut un cri d'indignation dans la foule, un cri d'horreur le suivit.
&i ç\ue t&xt un lion quacttfe il a Vu hu vin Ùc &Uampa#ne.
Le lion privé se mit à rugir comme un lion et à bondir comme un lion, cassant les bouteilles et apparaissant, aux
spectateurs effrayés tantôt au plafond, tantôt au balcon, comme s'il eût voulu se précipiter sur la population et son maire. C'était lui qui avait l'air de montrer ceux qui avaient voulu le montrer ; et ceux-là tremblaient maintenant de toute leur force et ne savaient par où s'échapper. Enfin, dans ces terribles évolutions, le lion passa la tète entre les barreaux de fer du balcon et ne put plus l'en retirer. Ce miraculeux incident sauva la vie à Froissart et à ses invités qui descendirent à toutes jambes dans la rue que la peur avait nettoyée. Il n'y avait plus personne. Ils profitèrent de la terreur des habitants pour gagner Paris où ils arrivèrent dans un état difficile à décrire, comme disent les journalistes. — Comme nous nous sommes amusés ! s'écria Froissart en revenant chez lui à trois heures du matin.
— 37 ~ QLutxc trait fc* jeuntezc b'&xisùbg tfvox&saxt.
Trois mois après l'aventure de Meudon, Froissart entrait à Sainte-Pélagie, son père n'ayant nullement voulu payer les cinquante mille francs de lettres de change qu'il avait souscrites. Il y avait à cette époque dans une niche de la prison une statuette en plâtre de la sainte qui a donné son nom à l'établissement.
Froissart écrivit au pied de la statuette :
Pélagie, à toi pour la vie!
Qu'on juge par ce trait de piété si Froissart espérait jamais sortir de cet antre de la dette.
<&e$c\xï>&\\t U en sortit et voici *orout*ttt.
Pendant les deux premiers mois de sa captivité, il se livra au travail le plus assidu. Jour et nuit il écrivait. Quand il eut à peu près écrit la valeur de deux volumes, il fit prier son père de passer au parloir de Sainte-Pélagie.
Je sais que vous avez à vous plaindre de moi, dit-il, mais voilà un ouvrage dont le mérite me fera peut-être obtenir votre pardon et ma liberté.
—C'est de l'argent qu'il vous faut pour obtenir votre liberté, s'écriale vieil accusateur public, et, certes, je ne vous en donneraipas .
— Ce livre est de l'argent , et beaucoupd'argent, répliqualefils. Je l'ai vendu trente mille francs à un libraire.
— Trente mille francs ! s'écria le vieux Froissart. Mais qu'est-ce donc?
— Emportez-en un fragment que vous lirez à loisir. Je ne puis vous en dire davantage.
#* ç\\xe lut le yixt tfxaiBstaxt ett héxonlàttt U wmxxocxit Ibe son fcte.