‹ Aristide froissartChapitre 24 sur 79 · CNE CROISEE DU FAUBOURG SAINT-HONORÉ · texte numérisé non relu

CNE CROISEE DU FAUBOURG SAINT-HONORÉ

L'hôtel Froissart avait deux corps de logis, ou, si l'on veut, deux pavillons demi-circulaires sur la rue, coupés p.-'.r la porte cochère. Dans l'un habitait le concierge, dans l'autre un jeune homme parfaitement inconnu à son concierge, ce qai est

beaucoup dire. Celui-ci ne savait que le nom de son paisible locataire, M. de Villa-Réal. Ni visiteur indiscret, ni suscription de lettre trop significative, n'avait jusqu'ici répondu à l'inquiète et toutefois respectueuse curiosité de M. Turbot. Depuis dix-huit mois ce nom, qui pouvait être espagnol ou portugais, italien et même français, était la seule indication dont le vénérable M. Turbot avait dû se contenter.

Au moment où les voitures qui menaient les nouveaux mariés, leurs témoins et leurs amis, à la mairie et à l'église, franchissaient la cour de l'hôtel, M. Turbot, le concierge, s'était placé pour mieux voir sur le seuil de la porte de son pavillon, et le jeune locataire du pavillon opposé avait mis la tête à la croisée du sien.

Ad.line de Neuvilette et sa mère étaient dans un landau découvert, si haut de forme que la gracieuse tête de la jolie mariée passa presque à la portée de la main du locataire du pavillon. Dans ce moment, leurs yeux se rencontrèrent. M. de Villa-Réal poussa un tel cri d'admiration, en voyant Adeline si belle, qie celle-ci rougit comme une groseille, elle plus blanche que son voile une minute auparavant. Si en ce moment son bouquet de fraîches fleurs d'oranger eût touché ses joues, il se serait changé en fleurs de grenadier.

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