Guêpes
par son rival le marchand de boudins*; le chœur des vieux juges, dans les Guêpes, flaire en Bdélycléon un tyran, parce qu'il veut empêcher son père de juger' . Leurs invectives contre le jeune aristocrate sont le résumé de bien des discours de démagogues, t N'est-il pas évident pour nous tous, les pauvres, que la tyrannie se glisse secrètement jusqu'à nous pour nous saisir? Eh! misérable, nouvel Amynias, avec tes longs cheveux, tu prétends nous interdire l'usage des lois de la République, sans prétexte, sans discours spécieux; tu veux comman''\er seul ! ^ » Le chœur des vieillards voit dans le com^ lot de Lysistrata une entreprise tyrannique *. Au reste, on ne parle à Athènes que de conjurations; la tyrannie est à la mode, elle a cours sur le marché, elle y est plus commune que le poisson salé *.
Ainsi, une assemblée souveraine, où domine une majorité anonyme de pauvres gens, préoccupés seulement de vivre aux dépens des riches et d'assurer contre eux le pouvoir qu'ils sont arrivés à conquérir, voilà la nouvelle royauté d'Athènes.
C'est peut-être dans les tribunaux que les pauvres savourent le plus voluptueusement les délices de leur souveraineté. Dans l'Assemblée, ils l'exercent surtout indirectement par le vote des lois et des décrets ou par le choix des candidats aux charges publiques. Ici, ils éprouvent la joie unique de disposer de la fortune et de la vie des citoyens les plus haut placés. Obligés à respecter au dehors et à redouter les nobles et les riches,