Guêpes, odo'Ql
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tous les passants disent : c Grands dieux t comme le tri t bunal fait retentir son tonnerre M »
Philocléon, le type du juge athénien, d'après Aristophane, n*est ni bon ni méchant, mais sot, maniaque, égoïste, étranger àTidée du bien et du mal, ne voyant dans rexercice de ses fonctions qu'un moyen de satisfaire ses passions et ses préjugés. Contiez donc à des tribunaux de cinq à six cents juges pareils à lui la considération et la personne des particuliers, donnez-leur à décider des questions embrouillées où la connaissance du droit est nécessaire, ou des affaires dans lesquelles la destinée de rÉtat est engagée; faites plus encore, amenez devant leur tribunal, à eux citoyens d'Athènes, des sujets et des alliés qu'ils se sentent disposés à traiter en inférieurs et en ennemis, et qui se plaignent des exactions commises à leur préjudice par quelque fonctionnaire athénien : quelle justice pourrez-vous en attendre? Sont-ils consciencieux et désireux de bien juger; leur ignorance et leurs préventions leur feront rendre des arrêts arbitraires. Sont-ils sans scrupule; on ne peut prévoir jusqu'où ira leur sottise aidée par leur cupidité. Philocléon juge à tort et à travers, violant le sceau d'un testament', mettant d'avance son suffrage dans l'urne des condamnations, sans avoir entendu la cause; n'ayant d'autre règle que son caprice et son intérêt.
Avec de tels juges, si prompts à croire le mal, la dénonciation est une arme redoutable dont les citoyens se servent les uns contre les autres, les pauvres contre les riches, les démocrates contre les aristocrates, les orateur» contre les fonctionnaires. Use forme une confrérie de sycophantes à côté de la confrérie des juges» Cléon est un de