‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 46 sur 242 · Grenouilles^ 727 et suiv · texte numérisé non relu

Grenouilles^ 727 et suiv

je souiïre en voyant ce qu'est devenu chez nous le gouvernement. Nous n'étions pas ainsi autrefois, nous autres, vieillards. Et d'abord, nous avions pour stratèges les hommes des plus grandes familles, les premiers par la richesse et la naissance ; nous les invoquions comme des dieux, et ils l'étaient en effet. L'État était solide ; mais maintenant, faut-il faire campagne, nous choisissons pour stratèges des ordures... Des gens que nous n'aurions pas voulu prendre même comme sommeliers, nous les subissons maintenant comme stratèges. ville, ô ville, •combien tu as plus de bonheur que de sagesse * ! >

Tels chefs, tels soldats. Au-dessous des stratèges sont les taxiarques, charges à Athènes de recruter les troupes, et en temps de guerre de commander le corps d'armée fourni par leur tribu. Ils sont aussi fanfarons et aussi lâches en campagne qu'exigeants à la ville. Eux aussi portent un casque à triple aigrette, une chlamyde d'un rouge vif; ils font mine de tout dévorer, mais à peine Tennemi est-il en vue, qu'ils jettent là leurs boucliers et «'enfuient à toutes jambes. A Athènes, ils usent de leur pouvoir de la manière la plus scandaleuse. La faveur et le soupçon, double fléau des démocraties, inspirent tous leurs actes. Courtisans de la populace, ils ne reculent devant aucune complaisance pour elle, et par eux l'armée se désorganise. Les démocrates poussaient à la guerre, mais en faisant tout pour n'y point prendre part. Les citoyens les plus pauvres, qui ne pouvaient être enrôlés ni parmi les chevaliers ni môme en général parmi les hoplites, étaient embarqués sur les trières en qualité de marins. C'était la petite bourgeoisie qui devait former l'infanterie, des gens de condition moyenne et de mœurs»

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