‹ Aristote (volume 2)Chapitre 13 sur 45 · LE MOTEUR IMMOBILE · texte numérisé non relu

LE MOTEUR IMMOBILE

Rien ne s'élève par soi-même de la puissance à l'acte; car rien ne peut être à la fois puissance et acte au même instant et sous le même rapport ?. À tout mobile, il faut un moteur externe ou interne? : ainsi le veut la raison; et l'expérience ne lui donne jamais aucun démenti.

Il y a des mouvements que l’on peut appeler violents, parce qu'ils sont contraires à la nature. Or ces mouvements ne se font que sous l'influence d’une force extérieure à leurs mobiles. Ce n’est pas d'elle-même qu’une pierre s’élève dans l'air; il faut qu’on l’y jette ou qu’on l'y pousse. Et le feu ne descend que s’il rencontre un agent contraire à son élan natif qui l'emporte en haut 5.

1. Anisr., Met., À, 6, 1071b, 29-31 : OÙ yap À ye ÜAn xivnaoet adtà Éautav, à rextonxh, oÙB Tè émiuvie, oÙS’ À y, &AÀX Ta cnépuata al à Yovh.

2. Id., 1bid., , 3, 1005°, 19-20 : cd yap auto ua dnapyav te xal A bnapyerv &ébvatov t@ aût& xai xatä td aûté.

3. Id., Phys., 6, 4, 256", 2-3 : änavra &v Ta xivoÜpeva ÜRO TiVOG xLvOTTo ; Ibid, 6,5, 256°, 4-5 : Toùro ôt Giyüc À yao où 50 aUrd Tr mivouv, &AX& &1” Etapov 8 nuveï td xivoüv, À 81’ œbté.

4. Id., Ibid., ©, 4, 254v, 12-14 : tôv dë xa0° aûta ta pèv Ur’ Éautoù ta C’ Ur? dou, xal ta pv qÜas Ta Où Big wa rap puaiv.

5. Id., Ibid., 6, 4, 254", 19-27 : .…. xai péluota td dé tivoc xiveïobaitd xivoievov Év toc rap pÜaiv xivouuévois éoti pavepèv Gta td Bfhov eivas Lr” &XoU mvoÿ- Hevoy.

d'autant; elle s’est transformée en un être vivant qui porte en lui-même le principe et une certaine règle de ses actions ; la nature est devenue un artiste qui habite son œuvre et la façonne du dedans.

1. A cette interprétation de la guot semble s'opposer le texte suivant de la Physique : ätonov Gt vd un olsofar Evexd tou ylveolar, éàv uù (wat Tù xtvoUv Boudlsuaäuevov. Kaitor xal À Téyvn où Bouhetetar ai yäap el éviv êv + Edw À vaurnyixf, épolwc &v pÜcer Eroier (B, 8, 199», 26-29). D'après En. Zxzrer, ce passage signifierait que l’art de la nature est inconscient (ouvr. cit, 11, 2, p. 426-427). Mais cette interprétation tout hégélienne ne s'accorde pes avec la théorie de l'épeir à laquelle Aristote revient sans cesse et qui peut seule expliquer l'action du premier moteur sur la nature. L'art dont il s'agit dans le passage en question n’est pas un simple idéal; il implique le désir, et par là même la connaissance : tù épexrèv xai vontèv xivet où xivoüueva (Met., 1072°, 26-27). Seulement, cette connaissance n'est point réflexive ni délibérative. Précisément à cause de sa sûreté, elle est toujours tout entière en son but, comme un instinct.

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