Id., 1bid
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est de les coordonner en vue du bonheur. Mais ce serait une exagération de croire qu'elle est indépendante de la métaphysique. Elle s’y ramène au contraire de plusieurs côtés à la fois : et par la notion du plaisir qui vient d'un acte, lequel à son tour vient d'une puissance; et par la notion de la vertu qui n’est que le perfectionnement de nos facultés; et par l’idée du bonheur qui a sa source dans l'achèvement de la « forme » humaine. On ne peut pas même dire que l'éthique d'Aristote soit indépendante de la religion. Dieu produit l’ordre des choses par l'attrait qu'il exerce sur la nature; et, à ce titre, il est encore le fondement de toute relation morale. Bien plus, Dieu se situe, au sommet de la hiérarchie des êtres, comme le terme d'une obligation : c'est un devoir essentiel de lui accorder l'hommage de la « su ». Aristote a éthérisé la religion ; il ne l’a point rayée du domaine de la morale.
D ACHON aymit, suffit à tout. Par le fait que le père voit dans ses en comme des parcelles de sa propre vie, par le fait qu'ils sont d’autres « lui-même », il éprouve à leur égard une tendresse inaltérable et toujours en éveil : il leur procure
en chaque occasion ce que son expérience lui inspire de
meilleur; il pourvoit avec un soin jaloux au développe-
ment normal de leur corps et de leur âme.
Et puisque telle est la nature de l'autorité paternelle, puisqu'elle a pour principe je ne sais quelle bonté inépuisable qui donne d'abord la vie et s'attache ensuite à la développer, on voit du même coup comment les enfants doïvent se comporter à son endroit. Ce n'est pas assez pour eux de s’y soumettre; ce n’est pas assez non plus d'y répondre par un tribut d'affection, si généreux qu'il soit : l'affection ne suffit à payer l'affection que lorsqu'il s'agit de personnes égales. IL faut rendre aux parents le même genre d'hommage qu'aux dieux qui les ont associés à leur puissance créatrice : c'est par l'honneur surtout que l'on s'acquitte à leur égard dans la mesure du possible?.
Entre le mari et la femme, l'amitié joue encore le rôle capital; et plus elle acquiert de force, plus elle s'élève . vers sa forme supérieure qui est d'avoir la vertu pour règle, plus elle apporte au foyer d'ordre et d'intimes joies®. Mais, si grande que devienne sa douce influence,
1. Anisr., Eth. Nic., ©, 14, 161%, 27-29 : yoveïç pèv ov téva gidoïauy de éavroûs (rà yüp ÉE aûrüv olev Érepot adroi r xeywgioüm); 1bid,, 12, 1160", 24-27; Ibid., 13, 1161*, 10-20 ; Jbid., 14, 1162*, 4-7; Polit., À, 12, 1259, 97 et sqq.; 1259, 10-17; ef. Eh. Nic, ©, 9, 1159°, 27-83; Tbid., 1, 7, 1167 1168".
2. Id., Eth. Nic., ©, 13, 1161*, 20-22; Abid.. 14, 1162, 4-7; 1bid., 1, 1, 1164, 3-6; 2bid., 2, 1165, 24-25,
8. Id,, Ibid. @, 14, 1162, 15-29; Ibid, 11, 1160", 7-8; Hbid., 13, 1161, 22-25.
ARISTOTE. Et]
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pris que l'homme est le chef naturel de la famill Dans les rapports fraternels, la justice et l'amitié sen blent aller de pair. Les frères sont des êtres libres de même dignité : ce sont des égaux, qui ont des droits égaux. Si l'on peut dire de l'autorité paternelle qu’elle est royale et | du pouvoir marital qu'il est aristocratique, il est légitime aussi de comparer la vie fraternelle à la timocratie. Mais cette timocratie familiale ne ressemble pas de tous points aux autres régimes de même nature ; l'amitié y tient une place beaucoup plus grande que dans les cités qui ont | choisi cette forme de gouvernement. Les frères sont des | rejetons de la même souche; ils ont à peu près le même âge : ce qui établit entre eux une harmonie profonde de sentiments et d'idées. Vivant dans le même foyer, ils ont appris dès la plus tendre enfance à se chérir les uns les autres. De là une tendresse mutuelle qui donne au respect de la justice une prédominance particulière ?, Outre ses membres proprement dits, la famille antique comprenait des esclaves. Et Platon sent déjà ce qu'il ya d'anormal dans la condition faite à ces êtres humains : il y voit une nécessité que l'on ne peut admettre qu'à contrecœur. Aristote n’a point de tels scrupules. Plus positif que son maitre, observateur autant que métaphysicien, le fils
1. Amsr., Polit., B, 9, 1269», 12-40, 1270", 1-34; cf. Jbid., E, 7, 1306", 27 #1. — Platon signale également la licence des Lacédémoniennes (De Leg., 3,
8376, éd. Steph).
2. 1d., Eth. Nic., @, 14, 1161%, 27-35, 12629, 9-15; Zbid., 12, 1161%, 3-63 Abid., 13, 1161*, 25-30.
8. PLar., De leg., VI, 770-778". Plalon ne songe pas à légitimer l'escla- 6 vage. De plus, il remarque avec justesse que, si les esclaves sont des êtres diminués, la cause en est d'ordinaire, non dans la nature, mais dans les mauvais Lrailements qu'on leur inflige; il a de la question une vue plus compréhensive et plus vraie.
Tu conquêtes que l'on fait sur les Barbares; vu que leur tinée est de vivre sous le joug !.
Les provisions une fois réunies, les uns se L d'avoir tel bien en surabondance et manquent de tel autre, tandis que le cas contraire se produit chez les voisins; et de là des échanges en nature qui ont également leur raison d’être, qui sont encore conformes à l'ordre *. Mais la question revêt un autre caractère, lorsqu'il s'agit d'échange contre monnaie, c'est-à-dire de commerce. L'échange en nature trouve une limite dans les besoins de la famille en faveur de laquelle il s'opère#; l'échange contre monnaie # n’a pas de borne: infinie estla somme des ressources que l’on y peut acquérir, Il allume donc la soif insatiable de l'or; il ne tarde pas à produire des fortunes immenses : et de là résultent des inconvénients qui finissent par tout perdre. L'équilibre des classes, si nécessaire à la paix commune, est de plus en plus troublé7. Il s’introduit dans les âmes une fièvre de jouissance et une estime exclusive de la richesse, qui développent toutes les passions, où disparaissent peu à peu le sens et l'amour du biens.
Le commerce est mauvais par les suites qu'il amène. Et l'on en peut dire autant du prêt à intérêt qui l'accompagne toujours : il n'a pas de limite non plus et