Id.y Ibid., B
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contiguës et les transforment en feu : il en est de ce phénomène comme des pointes de plomb dont les flèches sont armées et qui se fondent en traversant l'atmosphère ^
Toutefois, si la chaleur ne procédait que du frottement des astres et de l'air, elle n'alternerait jamais avec le froid ; et par là même la génération n'alternerait pas non plus avec la corruption. A la cause qui produit la chaleur il en faut ajouter une autre qui la fasse varier. Cette cause est le mouvement oblique du soleil, celui qu'il opère en une année suivant l'éclip tique. Au fur et à mesure que cet astre s'avance par les signes du Zodiaque, les parties de la terre dont il s'approche s'échauffent, et celles dont il s'éloigne se refroidissent : de là le cortège éternel des saisons, les reviviscences et les agonies de la nature-.
Telle est la théorie astronomique qu'Aristote a englobée dans son système en l'imprégnant de métaphysique. Cette théorie, si enfantine qu'elle nous paraisse aujourd'hui, devait avoir une fortune immense : elle a vécu près de deux mille ans, sans cesse retouchée, mais aussi toujours acceptée comme une explication définitive; d'Eudoxe à Copernic exclusivement, tous les docteurs et tous les doctes l'ont tour à tour honorée de leur adhésion. Kepler lui-même en était encore pénétré : il passa plusieurs années à chercher l'orbite de Mars d'après l'hypothèse des mouvements circulaires, arrêté dans son essor génial par ce fantôme de vérité ^. Lente est la marche de l'esprit humain.
1. AiusT., DecœL, B, 7, 289", 14-35; Mctcor., A, 3, 340^ 6 et sqq.
2. Id., De. gen. et corr., B, 10, 330", 23-34 ; 33G", 1-9; Meleor., A, 9, 346^ 20-31 ; Ibid., H, 2, 3.)4", 26-34; cf. ^tcL, A, 8, 1073^ 17-20.
3. J. V^v.KtwKTin, Les fondateurs de l'astronomie moderne^p. 142-143, 7* éd., Hcl/el, Paris.
Revenons au ciel cl'Aristote; et, après en avoir décrit les parties principales, prenons-le dans son ensemble.
Le monde est unique ^ Puisqu'il n'y a pas de vide, il faut que tout soit continu ou contigu : tout se tient ^ ; il n'existe pas plusieurs mondes qui soient séparés les uns des autres. Et l'on ne peut dire davantage qu'il s'en est formé plusieurs dans la masse unique des éléments. Un même corps, en quelque endroit qu'il se trouve, a toujours la môme nature : le feu, par exemple, est partout du feu, et l'eau de Teau. Par suite, un même corps, en quelque endroit qu'il se trouve, a toujours le même mouvement naturel : partout la terre se rend en bas et dans le même bas; partout le feu se rend vers le haut et vers le même haut ; et il n'existe d'autre éther que celui qui circule autour du feu lui-même. Il n'y a donc qu'un centre autour duquel évolue tout le reste : notre monde est l'univers ^. La première sphère est d'ailleurs unique, et pour deux raisons. Il n'y a qu'un premier mouvement, lequel est circulaire; et, partant, il n'y a qu'un premier mobile, lequel est circulaire aussi ^. De plus, la première sphère ne comporte de sa nature aucune pluralité numérique. Elle se meut, il est vrai, mais sans éprouver de changement interne : rien n'y naît, rien ne s'y corrompt. Rien, par suite, ne s'y multipKe ; elle est au-dessus du nombre, comme le premier moteur lui-même ^. Mais, s'il n'y a qu'une sphère, tout s'y emprisonne; il faut aussi qu'il n'y ait qu'un monde.