‹ AristoteChapitre 114 sur 304 · Jd., Ibid., li, G · texte numérisé non relu

Jd., Ibid., li, G

a toujours été; il sera toujours et tel qu'il est : il s'y conserve comme une vigueur de jeunesse qui ne se fatigue jamais ^ Le monde terrestre n'a point la même fixité : c'est le domaine du changement, et par là même celui de la mort. Mais la mort y alterne avec la vie; et cette alternance n'a pas eu de commencement, elle n'aura pas de fin non plus 2. Éternelle est la matière ; éternel aussi le mouvement oblique du soleil qui la fait passer de la puissance à l'acte, puis de l'acte à la puissance ^. Quand l'individu n'est plus immortel, la nature fait que l'espèce le devienne '.

Parvenue à ce point, la métaphysique d'Aristote est une sorte de dualisme. Tout s'y ramène à deux principes : l'Acte pur et la nature qui se meut elle-même sous l'influence de l'Acte pur. Ne peut-on pas aller plus loin dans le sens de l'unité? La métaphysique d'Aristote n'est-elle pas une espèce de monisme?

D'abord, Aristote, comme Platon, va sans cesse du multiple à l'un : l'unité, voilà le but suprême qu'il se propose d'atteindre et vers lequel tendent tous ses eiibrts. Il serait assez surprenant qu'il se fût arrêté à la solution arbitraire d'après laquelle il y aurait deux principes, l'un et l'autre éternels et substantiellement distincts.

De plus, tout est vivant, d'après Aristote, depuis les astres qu'habitent d'immuables intelligences jusqu'aux grains de sable que balaye le vent ^ : la nature contient

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