Id.,Phys., A, 2, 184^ 16; Met., A, 3, 984», 29 et sqq
deux thèses fondamentales de Parménide sont fausses, quand on les envisage comme l'expression intégrale de la réalité. Le mouvement est un fait, le plus indéniable de tous les faits. S'il n'existe pas en soi, il existe au moins en nous : c'est un phénomène. Et cela suffit pour montrer l'erreur de toute théorie où l'on prétend n'en pas tenir compte * : nier le devenir est faiblesse d'esprit ; car il n'y a rien, ni dans des choses ni dans la pensée, qui soit d'une évidence plus frappante 2.
Ce n'est pas à dire que l'on doive se rabattre sur la théorie de l'universel écoulement enseignée par Heraclite et poussée par Protagoras à son dernier point d'acuité ; on tomberait ainsi dans l'excès contraire. Il n'est pas vrai que (( tout s'écoule, comme les fleuves ^ ».
Il y a, d'abord, des choses qui ne se meuvent pas toujours. Une pierre qui git sur le sol, n'a pas de mouvement local; et l'on en peut dire autant soit de la terre, soit des autres éléments qui ont atteint leur lieu naturel : ils sont en repos et n'en sortent que par la force ^. C'est tout à coup qu'un vaisseau s'ébranle sous l'effort des matelots ; l'on n'a pas de raison de soutenir qu'auparavant il commençait à changer de place ^. Il faut à la goutte d'eau,
1. Arist., Phys., A, 2, 185% 14 : éc(j.a S' oùSè îûeiv âtuavTa 7rpo(Tif;xet ; (-), 3, 254', 27-30 : EÏTrep ouv iaxi 6o$a t|;£uôyi; ^ oltoç ô6^a, v.od xivyjoc; ècm, xâv el çavTaffîa, xâv ei oxè (lèv oOtw; ôoxeï eïvai ôtè ô' éTe'pwç,' r\ yàtp çavrao-ta xal yj 86^(x xivïjffet; Tivèç eîvai ôoxoOotv; A, 3, 186*, 13-16.
2. Id.f Ibid., 0, 3, 253*, 32-35 : tô (i,èv ojv iràvr' f)p.e(xetv, xat xouxou CiQTeïv ).Ôyov àçévxaç tyjv ataÔTjfftv, àppo)(TTia ri; iazi ôiavoîa;...; B, 1, 193*, 2-3 . toti ô' éa-ctv 71 9U(n;, TieipàaOai oeixvûvat yekoXov.
3. Id., Met., r, 5, 1010*, 7-15; A, 3, 984', 7-8; K, 6, 10G2\ 12 et sqq. ; voir ^ussi Plat., Tfiext., VIII, 207 et sqq., éd. Stallb., Leipzig, 1881.