‹ AristoteChapitre 16 sur 304 · Phys.,e · texte numérisé non relu

Phys.,e

5. Id.j Ibid., Il, 5, 250*, 17-19; voir aussi tout l'ensemble du chapitre.

l'être. 1^

qui use insensiblement la pierre, un certain quantum de poids et de vitesse au-dessous duquel elle ne produit encore aucun effet actuel ^ Il se produit un instant indivisible où débute le phénomène de la congélation, instant avant lequel il n'existait que l'immobile puissance de le subir 2. Il y a du fixe au dehors; et nous en trouvons pareillement au dedans de nous. Le sujet qui sent se souvient. Or le souvenir ne s'explique pas, si rien ne demeure identique à soi-même entre le passé et le présent ^ : celui-là seul peut revoir qui a déjà vu.

En second lieu , il existe des choses qui ne se meuvent jamais. La nature sensible elle-même en contient de telles. Les êtres sensibles sont susceptibles de définition; et toute définition est ou du moins suppose une essence qui ne change pas. On échappe à l'héraclitisme, dès qu'on passe de la quantité à la qualité ^ ; on y échappe bien plus encore lorsque l'on essaie de remonter à la raison dernière du mouvement. Tout mouvement suppose une cause, qui en suppose une autre. Mais l'on ne peut aller à l'indéfini dans cette voie^; autrement, rien ne s'expliquerait que conditionnellement ^. Il faut qu'il y ait quelque part un premier principe, une cause qui ne soit pas causée

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