‹ AristoteChapitre 153 sur 304 · AiiisT., De an., B · texte numérisé non relu

AiiisT., De an., B

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mier^ : c'est pourquoi Ton peut dire d'une certaine manière que ce sens est de feu et que ses exhalaisons fumeuses sont ignées-; car, si le feu ne le constitue pas, il y prédomine du moins comme un principe nécessaire à son fonctionnement. Il y a d'ailleurs une autre raison à ce fait, tant il est vrai que la causalité se couronne toujours de finalité ! Chez les animaux qui respirent, la chaleur des odeurs sert à modérer la froideur naturelle du cerveau, comme cette froideur elle-même sert à modérer la chaleur du cœur. L'organisme est une machine savamment combinée dont les parties se réduisent les unes par les autres à l'eurythmie de leur tout^.

Les cinq sens ne suffisent pas par eux-mêmes à fournir l'explication intégrale de la connaissance empirique.

Chaque sens porte sur un sensible qui lui est propre et perçoit les dificrences qui s'y présentent. Par exemple, la vue juge du blanc et du noir; le goût, du doux et de

1. Arist., De sens., 5, 444*, 24-25 : y) yàp r/j; ô(T[i,^c 8uva[ji.i; ôepjjiyj tï^v çuaiv èCTTiv; cf. Ibid., 5, 443", 12-16.

2. Id., Ibid., 5, 2, 438", 19-25 : ... uupo; oï Trjv oa^pricriv . . . r\ 8' oa^ii xaitvwSr,; xi; èottv àvaOuaîacri;, t?; S* àva6uu.îa<ri<; y) xaTivtoÔYjç èx nupoç.

3. Id., Ibid., 2, 438\ 25-27; Ibid., 5, 444», 8-33, 444\ 1-2; cf. Desomn., 3, 457'', 29 et sqq. — Ainsi se concilient les dllférents passages où Aristote parle de l'odorat. Il y a dans ce sens trois corps simples : l'eau et l'air qui le conslituent, le feu qui, sans concourir à sa constitution, ne s'y trouve pas moins et en plus grande quantité que dans les autres sons. L'eau et l'air sont comme le bain où se dissout le sec savoureux, et le feu est l'agent sous l'influence duquel se fait cette dissolution. Par suite, Aristote peut enseigner, sans se contredire, tantôt que l'odorat se compose d'air et d'eau, et tantôt qu'il est igné (èx Trupoç)- Ce langage correspond à deux aspects d'une même réalité. Il n'est donc pas besoin de supposer, avec M. Rodier {puvr. cit., t. 11, 315), que, dans le passage De sensu, 2, 438'*, 24-27, Aristote n'expose pas ses propres idées. Cette hypothèse est même impossible ; car, comme on le voit par les références indiquées ci-dessus, Aristote admet formellement quela chaleur est une partie, sinon essentielle, du moins intégrante de l'odorat.

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l'amer : ainsi des autres sens^. Mais tout n'est pas là; il y a des sensibles communs : tels sont « le mouvement, le repos, le nombre, la figure et la grandeur ))2. Or les sensibles communs ne méritent pas seulement leur nom, parce que chacun de nos sens les peut connaître tous, mais encore parce que nous les distinguons les uns des autres : nous en voyons aussi les différences. Les sensibles propres eux-mêmes ne demeurent pas clos et comme emprisonnés, chacun dans le sens dont il relève; nous discernons le blanc du doux et le doux du sonore, aussi bien que le blanc du noir, ou le mouvement du nombre 3. Toutes les qualités sensibles, quelles qu'elles soient, propres ou communes, viennent se rassembler dans un principe qui les compare toutes^, et qui, de ce chef, est indivis. Car, supposé qu'il contienne des parties, chacune d'elles percevrait ou le blanc ou le sonore à l'exclusion des autres qualités; et il ne se ferait pas plus de comparaison qu'il ne s'en fait entre les différents organes par ces organes eux-mêmes^. De plus, ce principe ne peut être qu'un sens, vu que les objets sur lesquels il porte sont des sensibles*.

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