‹ AristoteChapitre 152 sur 304 · Id., Ibid., B · texte numérisé non relu

Id., Ibid., B

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l'acte du sonore, comme la cire rcmprcinte du sceau, et ne fait que le transmettre de son point de départ jusqu'à l'organe auditif i.

L'objet du toucher ne se réduit pas à l'unité d'une môme opposition, comme celui de la vue qui est le blanc et le noir, ou celui de l'ouïe qui est l'aigu et le grave. Les qualités tactiles sont beaucoup plus variées : elles comprennent à la fois le chaud et le froid, le sec et l'humide, le dur et le mou, le raboteux et le poli, le lourd et le léger et d'autres différences de même genre-. Mais, parmi ces qualités, il en est de dérivées : elles se ramènent toutes aux quatre premières, qui sont elles-mêmes les éléments essentiels de tout corps ; et l'on arrive ainsi, par deux oppositions, à l'unité d'un seul objet : le corps, en tant que corps, voilà le tangible^.

« Le sapide est une sorte de tangible » ^. Et ce tangible s'entend de deux manières : comme puissance ou comme acte. Dans le premier sens, c'est le sec; dans le second, c'est une qualité qui se dégage de l'humide. Le sec, par lui-même, est insipide ; mais, lorsqu'il entre en contact avec la langue, il se fond sous l'influence de l'eau qui baigne cet organe, subit une sorte de digestion et se transforme en saveur^. Ainsi, le sapide n'existe pas dans les corps comme

1. Arist., De an., B, 8, 420*, 3-4 : ^o^fiTiY.à-^ \).zv oùv xà xtvyjxixôv évô; às'po; cuv£}(£''a tj-sypi; àxor,;* àxo-p) oè aufiiçy:^; àépi; cf. IbicL, T, 12, 435*, 4-10.

2. Jd., Ibid., B, 11, 422^ 23-27; De gen. et corr., B, 2, 329^ 18-20.

3. Jd., De an., B, 11, 423^ 27-29; De gen. et corr., B, 2, 329", 20-35; 330», 1-29; V. plus haut, pp. 25-26.

4. AuiST., Dean., B, 10, 422*, 8 : Tb oï yzyjTxâ'* icTi^* àTZTÔv n.

5. Id., Ibid., B, 10, 422», 10-11 : T6 yeuatov, èv uyp'ô o>; OXy) ; Ibid., 17-19, 33-34. Les formules trop brèves de ces passages trouvent leur cominenlaire dans la page 44P, 15-23 du traité De sensu. Alkx. {De nu., 53, 15-18) résume ainsi la pensée d'Aristole ; xb [xèv yàp yeàjoi; l-f)ç>Qv fjirioÉTrw y v[}.bv eyov èv aOT(ô, mYvu[Ji£vovxaî èva7ro7i>.uvdu.£V(5v tto); tû) uoari ôià tivo; Tré'^sto: toù; •/u;j.o'j; 7roi£T.

en nous. Il n'est dans les choses qu'à Tétat virtuel; c'est le goût lui-même qui l'actualise : ce qui ressemble ])ien à une nouvelle entorse du principe d'assimilation. Chassée par la porte, la relativité se montre par la fenêtre.

Elle s'y montre bien plus encore, lorsqu'il s'agit de l'odorant. C'est aussi le sec qui devient Todorant. Mais, pour devenir tel, il faut d'abord qu'il subisse la transformation dont on a parlé à propos du goût, c'est-à-dire qu'il se convertisse en sec savoureux. Puis, une fois ramené à cet état, il faut qu'il se métamorphose de nouveau dans l'air et l'eau dont se compose l'odorat ; c'est alors seulement qu'il est odorant 1. L'odeur est donc en puissance dans le sec, en puissance dans la saveur : elle est deux fois en puissance avant de revêtir l'acte qui la caractérise ; de telle sorte qu'il devient assez difficile de savoir ce qui lui correspond dans la réalité. Aussi Aristote est-il très hésitant, lorsqu'il aborde la question des odeurs : « La nature de l'odeur, dit-il, n'est pas aussi obvie que celle de la couleur ou celle du son. La raison en est que l'odorat possède chez nous peu de perspicacité, moins que chez les autres animaux »-.

La condition des changements qualitatifs qui s'opèrent dans le goût et l'odorat, est la chaleur animale, qui circule partout dans nos membres et sans laquelle il n'y a pas de nutrition. Mais cette chaleur est plus forte dans le second de ces deux sens que dans le pie-

1. Arist., De sens., 5, 442»', 27-30; 443', 1-8 : ... eÎYi àv ■}) èvuYpw toO iy/yit-oM Çïipoù (p-j(Tiç oaii.r\, xal tô oaqppavTÔv tô toioOtov; Ai.kx. {De sens., 185, 2, éd. C. Thurot, Paris, 1875) : w; yàp xôv -/uiaov inoiei C-^pov tô ^v ty] y^ \i.i'(vv{i.e'jô'^ itto; xal èva7ro7i)>uvc5[i£vov tut viôaTt Otiô Oep|X(iTyiTO(; auvepYoûfxevov, outo) çrjirî to (lYpôv xô i\5i] •/y\i.6'^ ^X^'^» toOxo Ôs 7iu>; tcS ^r\p(x> (j,e(xtYtA'î''Ov, ov xpÔTiov eïpYjxsv, âv àépi xal uô-zTi àTron/yvOévTco); Tioieïv Tyjv ô(7|x-^v; Id., De, an., 53, 2 cl sqa.

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