‹ AristoteChapitre 157 sur 304 · Id., De insomn · texte numérisé non relu

Id., De insomn

affecté, s'y implante avec force et supprime ainsi la possibilité d'autres influences.

Il y a donc des reliquats de sensations ^, qui survivent à l'action des sensibles, et dont le nombre s'accroît tout naturellement au fur et à mesure que l'expérience élargit son domaine. Ces reliquats, voilà ce qui constitue le trésor de l'imagination ; la puissance où ils se conservent, voilà l'imagination elle-même -.

Charriés par le sang de la périphérie au centre et du centre à la périphérie ^, ils sont souvent trop faibles pour apparaître et se déguisent dans les profondeurs de la vie <( comme des grenouilles » dans la vase d'un lac ^ ; mais il se produit des conditions qui leur permettent de gagner la surface. Le calme du sommeil leur donne la victoire sur les excitations du monde extérieur ^; la passion et la maladie les mettent en émoi et leur communiquent une vitalité qui peut aller jusqu'à Thallucination^ : on les voit alors s'approcher, s'éloigner, se briser en s'entrechoquant et former ainsi mille êtres divers^ , à la manière dont « les nues représentent des hommes et des centaures » ^. Ils répondent aussi à l'appel de la réflexion ; mais, dans ce dernier cas, leurs mobiles théo-

1. Arist., De inaomn., 3, 461'', 21-22 : Toûxwv ô' ëxacTTÔv èott, ('ôaTtep eipritai, U7i6)>ei|j.[ji.a ToO èv tv^ èvspyeîa aidO-^ixoToç.

2. /r/., De an., F, 3, 47.8'», 10-30 ; 42y*, 1-2: ... r\ (faviOLaioL àv eiri xtvyioi; uTiè xrj; al(T6T0«w; Tïi; xat èvépY£tav Yiyvojxévy) ; JDc insomn., i, 459*, 17-22.

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