Ibid.y
l'ame. 197
concevons l'homme ^ ; nous discernons les idées dans les images '^ : de telle sorte que le souvenir intellectuel ne peut pas plus exister en dehors de toute sensation conservée que le mode en dehors de sa substance. Il naît de ce substrat d'ordre inférieur, il disparaît avec lui : il lui est essentiellement contemporain ^,
Mais le souvenir est quelque chose de plus que la simple reviviscence d'une image ; il présente certains caractères spéciaux qui demandent une interprétation à part.
On ne se souvient pas de l'avenir : c'est l'objet de nos conjectures, de nos espérances et de nos craintes ; on ne se souvient pas non plus du présent : c'est l'objet de la sensation. On ne se souvient que du passé * ; et il y a là un assez grand mystère. Se souvenir, c'est percevoir; et comment percevoir ce qui n'est déjà plus? Sans doute, les êtres sensibles gravent en nous leurs images, à la manière des artistes « qui font des empreintes sur les bagues » ^. Et ces images, une fois livrées au cours de la vie, peuvent reparaître dans la suite, lorsque la cause qui les a produites est déjà loin du moment actuel, ou même n'existe plus du tout. Mais là n'est pas le nœud de la question : il s'agit de savoir comment l'image qui revit nous reporte vers le